Rencontre avec Yves Duteil

29 juin 2010
Château-Thierry

Yves Duteil en concert à Château-Thierry

Rien ne semblait prédestiner ce fils de bijoutier à faire carrière dans la chanson si ce n’est, peut-être, une mère qui lui fit partager sa passion pour le piano à l’âge de 10 ans avant que, cinq ans plus tard, il ne prenne dans ses bras cette guitare qui, depuis, n’a cessée de le démanger… « C’était quelque part dans mes gênes » déclare-t-il, ajoutant « c’est une passion qui ne m’a jamais quittée… »

 Une passion qu’Yves Duteil est venu partager, deux heures durant, avec le public castelthéodoricien dans le cadre de la 50ème édition des Fêtes Jean de La Fontaine « un écrivain qui a su imager des repères en racontant des histoires qui ont traversé le temps » dit-il à propos du fabuliste.

 Oscar de la meilleure chanson Française et médaille d'argent de l'Académie Française pour sa chanson « La langue de chez nous » cet amoureux des mots refuse toutefois d’être un ayatollah de la langue française rappelant que « les langues sont le fruit de mélange et qu’il faut éviter de se blinder dans le dictionnaire sous peine de faire émerger, comme pour le latin, une langue morte » et de rappeler – clin d’œil sans doute aux tenants et détracteurs du franglais – que « la langue anglaise ne serait pas grand-chose sans les nombreux apports du vieux français » tout en mettant en garde contre « l’appauvrissement de la langue (notamment avec l’écriture simplifiée des accros du SMS) qui entraîne la perte de nuances dans l’expression pouvant générer (faute de moyen d’expression appropriés) la violence ».

 Il avoue volontiers son « immense fierté » d’avoir vu sa chanson « Prendre un enfant » être arrivée en tête d’un sondage visant à déterminer le hit-parade des plus belles chansons du XXème siècle mais il semble attacher beaucoup plus d’importance à l’action engagée, à à la suite du tsunami du 26/12/2004, pour accueillir, à Pondichéry, une centaine d’enfants dans une école pas comme les autres parce que destinée à ceux que la société indienne relègue au plus bas de l’échelle sociale (pour en savoir plus rendez-vous sur www.apresschool.org).

 Son escale dans la cour de l’Hôtel Dieu de Château-Thierry (un cadre qu’il semble avoir particulièrement apprécié souhaitant même que l’on sache en faire un lieu privilégié pour d’autres manifestations) prenait place entre une escapade au Québec où il a partagé, entre deux concerts, quelques moments en compagnie de Gilles Vigneault « un sculpteur de mots avec lequel il partage une fraternité d’écriture » et une envolée vers le Japon qui sera suivie d’une étape en Nouvelle Calédonie après un passage par la Belgique preuve, s’il en était besoin, que l’auteur de « Si j’étais ton chemin » (l’un des titres de son dernier album), longtemps considéré comme un gentil troubadour, est un homme ouvert sur le monde.
Jacques Gille
Crédit photos: Jacques Gille

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