Emotion céleste - accident de parachute

25 septembre 2010

Montreuil aux Lions

Cyrille Beaumont Peur de rien

Habitant de Montreuil-aux-Lions, Cyrille Beaumont est un garçon qui n’a pas froid aux yeux. Toujours à l’affut de sensations fortes ! Un physique carré, des épaules et des poings (il a pratiqué la boxe), il travaille aujourd’hui à la DDE. Connu pour son courage et sa pugnacité mais aussi pour sa gentillesse, c’est aussi le genre d’homme qui n’a peur de rien : parfois au risque de sa peau, c’est que nous allons voir.

A la recherche de sensations fortes

Cyrille pratique le ski, où il trouve de bonnes sensations , mais ce qu’il préfère, ce sont les défis de l’air. Il s’est initié dernièrement au parapente, mais c’est encore un peu « soft » pour lui. Puis le saut en élastique. Pas mal, mais c’est un peu court, s’il on peut dire. Alors pourquoi pas le parachutisme .

Avant de se lancer dans le vide

Toutes les précautions sont prises avant de se lancer dans le vide. Il faut deux heures aux débutants pour plier leur parachute. Le pliage se déroule en trois étapes. A la fin de chacune, le parachutiste s’écrie « vérification ! » et un instructeur vient vérifier la correction de la tâche puis appose sa signature. Les trois signatures apposées, le parachutiste est prêt. Encore faut-il attendre que les conditions météo soient bonnes pour que l’avion puisse décoller. L’apprenti-parachutiste a aussi été sécurisé par une formation au sol avec une série de simulations des gestes à accomplir y compris en cas de problèmes. Un guidage radio permettra d’aider les sportifs à répondre aux besoins du saut et à aider à atteindre correctement la zone d’atterrissage. Il est aussi une aide en cas d’incident, ce que nous allons voir.

En dernier recours…

Enfin, tout le monde sait qu’un dernier recours existe en cas de non ouverture du parachute : le parachute de secours, « P.D.S. » pour les amateurs et les pros.

Pour un saut à 1000 m, après 2 à 3 secondes de chute libre, le parachute s’ouvre automatiquement. Si ce n’est pas le cas une intervention manuelle sera nécessaire. Et dernière parade : entre 500 et 300m, le P.D.S. s’ouvrira de lui-même par un système électronique si le parachutiste a perdu connaissance ou… ses moyens !

Mais l’électronique embarquée, ça peut ne pas fonctionner, tomber en panne, ce n’est donc pas une sécurité absolue.

L’accident

Donc, ce jour-là, Cyrille se trouvait dans le midi du côté de Cahors. Ils étaient sept à sauter à 1000 m. C’était son troisième saut et il sentait que les choses ne se passaient pas normalement, comme un pressentiment : Il était mal assis, il y avait du vent qui le gênait. Sur les images filmées de l’avion, on voit passer un voile d’inquiétude sur son visage. Mais, tout était prêt, il fallait y aller et après tout, l’appréhension fait partie du jeu.

Cyrille saute donc. Et presque immédiatement, il se met à tournoyer sur lui-même, violemment. Le parachute ne s’est pas ouvert normalement, il tourbillonne et fait tourner le parachutiste qui perd ses repères. Dix secondes qui paraissent une éternité. Il dispose de deux poignées. Théoriquement, il doit larguer le parachute principal qui est en torche et ouvrir le P.D.S.. La radio lui rappelle la procédure. Dans l’avion, les autres parachutistes assistent au spectacle, épouvantés. Mais Cyrille n’arrive pas à mener à bien l’opération. Il tire tout ce qu’il peut sur la poignée, le parachute ne s’enlève pas. On a vu que ce n’est pas la force qui manque au gaillard. Oui mais, on n’est pas à l’entrainement ! Il est déséquilibré, il tourne toujours sur lui-même, sa position est mauvaise, le corps viré en biais. Là, un sentiment d’horreur l’envahit. Il comprend que si rien ne se passe, il va s’écraser au sol. Aucune confiance dans ces cas là au dernier déclanchement électronique. En désespoir de cause, Cyrille tire brutalement sur les deux poignées à la fois ! Ouf ! Le parachute se décroche et le P.D.S. s’ouvre aussitôt. Il est sauvé !

Evidemment, il n’arrivera pas à atterrir dans la zone prévue, ses pieds vont frôler la cime des arbres, une mauvaise chute reste possible. Mais tout se passe en douceur.

Derrière lui, deux parachutistes amateurs refuseront de sauter après l’incident. On les comprend !

Que s’est-il passé ?

Ce type de problème n’arrive qu’une fois sur mille. On pense que puisqu’une erreur de pliage est exclue après toutes les vérifications, l’extracteur (sorte de mini-parachute au-dessus du grand) se serait emmêlé dans les suspentes et les élévateurs qui sont les « cordes » reliant le harnais à la voile. D’où les torsades dans le parachute devenu inutilisable. En tirant violemment et simultanément sur les deux poignées, Cyrille a arraché une partie du système et avait encore les poignées dans les mains, arrivé au sol. N’empêche que le P.D.S. a fonctionné, heureusement !

Une heure après, notre héros resautait à 1000 mètres ! C’est comme après une chute de cheval : il faut remonter aussitôt. Facile à dire, et à écrire…

Vidéo : Cyrille se lance dans le vide (cliquez)

Claude David
Crédits photos : Claude David

Commentaires (1)

1. jeanne clais 30/10/2010

Je suis une amie de Claude et Mimi et je photocopie les articles de claude qui sont tous interessant malheureusement celui-ci ne rentre pas dans des pages 21-27 hélas !!!!!!!!

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