Mourir comme un chien !

5 avril 2010
Crouttes sur Marne

Gypsie était notre chienne, un berger allemand, qui nous a accompagnés presque 17 ans, un record pour cette race de chien...

J'ai dû l'emmener chez le vétérinaire pour la faire euthanasier. Quand on prend un jeune chien, il faut savoir que sa vie est courte et qu'un jour, il faudra accepter sa disparition. Beaucoup de gens ne se rendent pas compte de cela. Un chien n'est pas un chat : il nous accompagne toute sa vie et reste fidèle à ses maîtres, c'est connu.

C'était notre deuxième berger allemand, la première chienne a vécu une quinzaine d'années, c'était déjà beau.

15 + 17 = 32 ans de vie avec chien, un bail.

Il y a différentes façons d'élever un chien. Cette chienne-là, qui faisait peur à cause de son gabarit et de sa grosse voix, n'a jamais mordu personne. On ne lui a jamais fait de mal non plus ! Elle faisait partie des gros chiens privilégiés qui dorment dans le salon chaque nuit, pourquoi voulez-vous qu'elle soit méchante ?

Elle a eu des copains adultes, des copains enfants, des copains chats également. Tout le monde l'aimait bien et « Gygyp » va manquer à beaucoup de monde.

Quand nous nous absentions quelques jours, Gypsie ne supportant pas les voyages en auto, restait seule à la maison et plusieurs personnes prenaient le relais (merci à Gaston et à Aymeric notamment) pour s'occuper d'elle. C'est-à-dire la faire sortir pour ses besoins, la nourrir, mais aussi passer un petit moment avec elle, lui parler, la caresser. Et comme on dit : « elle connaissait son monde ! », elle montrait sa reconnaissance. Bon parfois, nous avons sans doute donné dans l'excès, on est facilement gâteux avec les animaux qu'on aime : on lui mettait la télé pour lui donner une présence, on lui allumait la lumière de la cour quand elle sortait de nuit... On l'a longtemps appelée « bébé » puis plus tard « mémère ».

Ce qu'on ne mesure pas non plus en prenant un chien, ce sont les soins de santé dont ils ont besoin. Gypsie a eu deux accidents de santé graves : elle a failli mourir d'une piroplasmose toute jeune et a été opérée d'une chaîne mammaire qu'on lui a retiré. Et puis tous les petits bobos qu'un chien, comme un humain, connaît dans sa vie.

En vieillissant, un chien demande une attention accrue et des soins particuliers. Notre chienne, comme tous les bergers à partir d'un certain âge, était prise du train arrière et avait de plus en plus de mal à se marcher. Nous avons adapté la maison à ses nouveaux besoins : des tapis partout pour qu'elle ne glisse pas et s'étende confortablement. Tant pis pour les personnes qui nous visitaient et trouvaient peut-être cela bizarre et peu esthétique.

Nous plaisantions : « Ne faites pas attention, c'est un peu une maison de retraite pour chien » ou encore dans l' humour noir : « elle est en soins palliatifs ».

Nous la savions en fin de vie, fatalement vu son grand âge. Elle avait droit donc à des petits plaisirs supplémentaires : gâteaux, chocolat, su-sucre...

Nous ne nous décidions pas à la voir partir et elle a coûté une petite fortune en médicaments. Pour ses articulations, pour ses rhumatismes, pour son cœur... là aussi, comment font les gens qui n'ont pas trop d'argent pour entretenir leur chien quand il vieillit ? Trois fois, je suis allé chez le vétérinaire et nous nous disions : c'est son dernier voyage ! Je la ramenai avec un nouveau traitement !

Cette fois-ci, il a fallu se décider : elle dormait tout le temps, sa respiration était très mauvaise et elle n'arrivait plus à se relever toute seule. Quelques dégâts dans la maison également, forcément. Sa maîtresse lui donnait à manger à la main et elle buvait sur un petit banc car elle ne pouvait plus se baisser.

En général, les vétérinaires aiment les animaux et ce matin encore, ils l'ont prouvé. Ce n'est pas drôle pour eux non plus d'avoir à euthanasier des bêtes, c'est un peu le contraire de leur métier quotidien qui est de les faire vivre. J'ai tenu à assister à la fin de notre chienne, par amitié dirons-nous pour elle, et aussi pour être sûr qu'elle ne souffrirait pas. Ce fut effectivement le cas : une première piqûre la calme, l'endort pratiquement. Elle n'a pas bronché -je surveillais son regard- quand la seconde, fatale, a fait son effet. Le véto vérifie l'absence de respiration et voilà, c'est fini. Il me reste à le remercier pour sa compétence et sa gentillesse. Il m'a dit « bon courage », comme on dit à propos de la disparition d'un être cher. Mais, justement, c'était le cas.

Claude David

crédits photos : Claude David

Commentaires (2)

1. Sylvia 12/04/2010

Aymeric oublie de dire qu'il a fait une BD top avec pour héroïne de second rôle ce super toutou. Je crois que c'est le meilleur gag de la collection que j'ai retenu... tu n'as plus qu'à le publier car je n'ose en raconter le contenu.
J'ai connu les deux crèmes de toutou qu'était Olympe et Gyp.

On se dit 17 ans.. mince déjà! ça fait un belle tranche de vie d'humain... ça va me manquer de ne plus lui dire bonjour en passant par là à la belle...

2. aymeric 06/04/2010

C'était une super chienne. Toujours sympa, on a passé des moments inoubliables avec elle. Je me rappelle lui avoir fait une farce pendant les vendanges, elle était très jeune à l'époque, quand elle s'est aperçu que je l'avait fait marcher (c'est une longue histoire), elle a eu un comportement presque humain : elle m'a aboyé dessus en remuant la queue comme pour signifier "Ah c'est malin ! tu m'as bien eu !". Peut-être est-ce une interprétation de ma part, mais c'était vraiment une réponse à cette blague, et ça m'a marqué...
Elle va me manquer.

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