l’abeille et l’environnement

8 octobre 2010
Bézu-le-Guéry

M. Vedrenne et Sylvie Wallez, responsable de la bibliothèque de Bézu-le-Guéry Grâce à la Bibliothèque Départementale de Prêt, Bézu, modeste commune, a pu recevoir pour un exposé sur l’abeille, Yves Vedrenne, secrétaire général du syndicat national de l’apiculture, privilège qui a été souligné par Sylvie Wallez, bibliothécaire du lieu et moteur avec Martine Plonquet de l’association « Lire et Découvrir dans le Canton de Charly-sur-Marne ». Etaient présents dans la salle notre conseiller général et les maires de Bézu-le-Guéry, Domptin, Coupru et Vendières.

 Il était effectivement rare de pouvoir entendre la parole de l’une des personnes les plus actives et informées du pays sur l’apiculture, en tant que haut responsable et mandaté aux niveaux national et européen.

Le point sur la situation

 La France a toujours été considérée comme un modèle mondial sur la connaissance et ses capacités de formation et de conseil concernant l’apiculture et ses pratiques. On compte 32000 adhérents au syndicat national d’apiculture pour 68000 apiculteurs en France. L’Europe n’entretient pas moins de 13 millions de ruches pour 600 000 apiculteurs. Néanmoins, dans ce contexte, notre pays depuis 2 ans voit ses importations de miel l’emporter sur ses exportations.

 A qui la faute ?

 D’après M. Vedrenne, ce sont les pratiques agricoles (mais pas seulement, on le verra plus loin) qui semblent responsables du problème de mortalité important chez les abeilles. Pour autant, le spécialiste ne fait pas porter la faute sur les exploitants, nous faisant comprendre avec subtilité que ces responsabilités seraient plutôt partagées entre certains puissants intérêts financiers et le laxisme de fonctionnaires, éloignés des réalités et peu conscients de l’importance de l’abeille dans la biodiversité.

 Apis Mellifica, cas unique

 Seule, l’Apis Mellifica, notre bonne abeille « domestique » produit généreusement assez de miel pour elle-même et pour l’homme, ce que les autres butineuses sont incapables de réaliser.

Les causes du problème

 Notre abeille subit aujourd’hui des attaques de toutes parts. Les changements climatiques et la « mondialisation » en particulier avec le développement des transits commerciaux, aggravent encore les dégâts résultant de la nocivité des insecticides et des mauvaises pratiques.

 Aux portes de l’Aisne, déjà en Seine-et-Marne, un redoutable prédateur, « frelon chinois », construit des nids énormes très en hauteur. Il est capable en un rien de temps de dévorer la population d’une ruche, à la recherche de protéines.

 Abeilles des villes, abeilles des champs

 Un récent reportage télévisé nous montrait que les ruchers des villes récoltaient 2 fois plus que ceux implantés dans nos campagnes. Moins de pesticides et d’insecticides en ville, évidemment. Encore aurait-il fallu rendre compte de l’analyse des miels. S’ils contiennent moins de plomb que par le passé, les échappements automobiles en étant exempts, certainement qu’il faudra s’attendre à la présence d’autres pollutions industrielles. M. Vedrenne nous rapporte que la mairie de Lille avait dépensé 30 000 euros pour l’implantation de 6 ruches. Le miel des villes, est-ce la voie ?

 Parfois, de mauvaises pratiques

 Les apiculteurs, victimes de la situation actuelle peuvent dans certains cas s’en révéler également responsables. Si ceux-ci vident systématiquement et imprudemment les hausses (« rallonges » au-dessus des ruches) alors que les abeilles vont y rechercher un supplément de nourriture lorsque l’hiver est rigoureux, la colonie meurt littéralement de faim.

 Inutile de dire que la majorité des apiculteurs, artisans, sont des passionnés qui élèvent leur « cheptel » dans le respect de l’espèce et de l’environnement.

 Le miel reste un bon produit

 La réglementation est sévère, en particulier la notre. On aura donc tout intérêt à acheter du « miel de France », il est bon, car les abeilles sont elles-mêmes le filtre qui garantit sa qualité. De plus, l’Europe a prévu des aides pour analyser l’ensemble des ruchers.

 Enfin, il ne contient jamais de bactéries en raison de son taux élevé de sucre qui en empêche le développement.

 Encore merci à M. Vedrenne pour toutes ses explications.

Claude David
Crédits photos : Claude David

Commentaires (1)

1. clais jeanne 23/10/2010

j'ai fait une photocopie pour mon voisin Bernard qui elève des abeilles et se plaint aussi de la mortalitée dans ses ruches, ça va surement l'interesser

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