Mathématiques électorales

23 mars 2010

Mathématiques électorales

S'il est un point (largement) commun à nos hommes politiques qu'ils soient de gauche, de droite ou d'ailleurs, c'est leur capacité à nous prouver au lendemain d'un scrutin que le résultat enregistré est somme toute satisfaisant : c'est ainsi que le vainqueur claironne à tous vents que les chers électeurs en lui accordant leur confiance ont soit confirmé sa bonne gestion soit lourdement sanctionné la partie adverse tandis que le vaincu vous démontre en deux temps trois mouvements que sa défaite n'est après tout qu'un accident de parcours au demeurant pas si catastrophique que ne le prétendent ceux d'en face qui d'ailleurs sont loin d'avoir fait la preuve etc... etc...

Les élections régionales qui viennent de se dérouler n'échappent pas à cette règle mais nous prouvent en outre que les princes qui nous gouvernent (ou souhaite nous gouverner) s'ils sont de redoutables champions de la rhétorique sont de bien pauvres adeptes de la science mathématique...

La preuve avec notre belle région de Picardie où le président sortant, Claude Gewerc, est réélu avec 310 672 voix ce qui représenterait, selon la tambouille électorale en vigueur, 48,2 % des picards. Un compte un peu rapide si l'on sait que l'Aisne, l'Oise et la Somme totalisent 1 321 067 électeurs et qu'un peu plus de la moitié d'entre eux sont allés glisser un bulletin dans l'urne : alors si j'ai bien compté la majorité régionale ne représente finalement qu'environ le quart des électeurs (les scores de l'opposition et du Front National étant bien sur à l'avenant) et que cette majorité reste toute relative et devrait, ici comme partout, inciter à un peu plus de réserve et de modestie deux qualités hélas qui ne sont guère de mise dans les sphères du pouvoir qu'il soit local, régional ou national !

Jacques Gille

Ajouter un commentaire
Code incorrect ! Essayez à nouveau