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2 décembre 2009 Les herbes folles Bon d'accord, c'est toujours dans un milieu très bobo et autour de la comédie humaine, les rapports amoureux, etc. le fond de commerce d'Alain Resnais. Mais c'est aussi du cinéma et papy Resnais ne se prive pas à plus de 80 ans, pour nous emmener dans ses divagations. La scène finale (que nous ne dévoilerons pas évidemment) indique bien que moi, metteur en scène, tel un démiurge, je fais ce que je veux, je modèle mes personnages, les rends improbables, impossibles ou contradictoires, si je veux. En échange de quoi, le film préserve la plus grande liberté au spectateur : on prend ce qu'on veut, on imagine avec quelques indices et on interprète selon soi, sa propres expérience de soi et des autres. Dussolier, ambigu, compliqué, peut-être fragile, peut-être cynique... une interprétation très forte et montrant toutes les facettes de cet acteur qu'on voit peut-être, cela dit, un peu trop ces temps-ci. Azéma, excellente comme toujours, si on aime son côté pétillant et un rien foldingue. Comme toujours, ne comptez pas sur nous pour vous raconter l'histoire, d'ailleurs celle-là est de celles qui ne se racontent pas, ça tombe bien. Avec Resnais, l'histoire est souvent anecdotique, prétexte, comme en fond. « C'est du cinéma ! », avec ce qu'il faut d'anti-naturel et de référencé pour qu'on n'y croit pas tant que ça. Le ciné, c'est fait pour rêver. C'est du roman en image. Et d'ailleurs, la voix d'Edouard Baer est là pour nous le rappeler puisque c'est celle du narrateur, un personnage qui n'est pas un des personnages du film, ce peut être Resnais lui-même. Donc on trouvera ici, de l'humour, de l'humeur, du sentiment, de la petite folie en barre (les herbes folles). Et une réplique de Dussolier résume tout : « vous m'aimez alors ? ». Si nous sommes toujours dans la recherche des catégories qui permettent de dire ce qu'est un bon film, la réponse est oui puisque : 1) On ne s'ennuie pas 2) Ca a du sens 3) c'est poétique (ou romantique) 4) Il en reste quelque chose, on en discute beaucoup après coup (ce fut notre cas). Attention, si vous recherchez au cinéma du logique, du carré, du finalisé, laissez tomber ! Claude et Michèle David |
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