Un axonais en Californie - saison 2

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Un Axonais en Californie saison 2  ( 1er jour )

Vendredi 8 février 2008 : Dans l'avion


Je reprends ma chronique, le même voyage que l'an dernier, vol AF 083, entouré d'américains de toutes races et de toutes confessions, de quelques français bien sûr, plus surprenant : des italiens en nombre. Existe-t-il un Tour Rome-Paris-San Francisco ?
Crouttes-sur-Marne est maintenant à 3102 km. L'info sort du bout de mon doigt sur l'écran tactile : nous venons de survoler l'Islande et attaquons le Groënland.

Ce matin, les contrôles ont été encore plus sophistiqués que l'an dernier. Maintenant on nous passe une sorte de grosse cuillère sur les semelles et sur la paume des mains.claude david Que cherche-t-on ? De la poudre d'explosif ?
Mimi s'est endormie au milieu d'un film que j'espère vous n'irez pas voir au cinéma-théâtre de Château, ça s'appelle « Ce soir, je dors chez toi » de Olivier Baroux avec Jean-Pierre Rouvre et Mélanie Doutey, c'est convenu, même pire : une comédie triste !

On a préféré « L'heure zéro » de Pascal Thomas, tout le contraire, un policier savoureux où l'inspecteur François Morel adresse des clins d'œil aux maîtres du suspens. Laura Halliday,
déjantée,  sur les traces de maman Nathalie Baye. Le meilleur de cette programmation pour très petits écrans (10 cm sur 15 sur cet Airbus d'Air-France), sans doute « Michael Clayton » avec un George Clooney omniprésent, film puissant avec des bons et des méchants, déjà bienvenue en Amérique ! Mais là, je digresse dans la rubrique cinéma....

On est là, on discute ciné bien au chaud et dehors il paraît qu'il fait moins soixante !
Le type devant moi a descendu son dossier au maxi, même pas pour dormir (d'habitude j'ai un dormeur devant) mais pour prendre ses aises devant son portable. Du coup, si je veux regarder l'écran vidéo, je l'ai à 20 cm du nez, si je veux lire, seul le bas de ma page est éclairé. Mal élevé !

Le brouillard -fréquent sur San Francisco- oblige notre avion à faire des cercles dans une zône proche de l'aéroport, ce que nous annonce le pilote. Nous aurons une vingtaine de minutes de retard.
Mais la brume part ici aussi vite qu'elle est venue, nous découvrons la baie de San Francisco sous le soleil avec un beau ciel bleu.

Une heure après, sans trop d'embouteillages, nous pénétrons dans la ville d'Oakland.
Arrivés chez notre hôte, un message sur le répondeur de Stevie Wonder ! Qui chante et qui parle, pour nous recommander de voter Obama ! Vous imaginez si les supporters people de nos candidats se mettaient à nous téléphoner ?
A demain 


Claude David

Chronique californienne, saison 2 (2ème jour)

Samedi 9 février : Suzanne et le farmer's market

J'avais oSuzanne Hollandublié à quel point les américains et surtout les californiens sont différents de nousReggae ! A chaque fois, c'est la même surprise avec cette planète-là. Tout de suite ce qui frappe, ce sont les odeurs, odeurs des cuisines du monde, odeurs de friture bas de gamme aussi. Puis tous ces gens avec leurs accoutrements bizarres et tout simplement leur façon d'être. Bonne définition de Christèle ce matin : « décomplexés ! ». C'est peut-être cela...

Mais sur le « farmer's market », c'est le bouquet ! Les années 60 reviennent en force : normal. Nous sommes sur la baie de San Francisco et en plus sur un marché écolo. Nous entendons une voix qui ressemble à celle de Joan Baez, ce n'est pas elle, c'est Suzanne Holland et sa guitare, hippie de la tête aux pieds, un chapeau avec des rubans, des fleurs et des plumes. Elle a pris sûrement un petit coup de vieux et quelques kilos, comme le prouve la photo près d'elle, mais sa voix est assez extraordinaire. On la Obam no smoking voit aussi en photo avec Léonard Cohen et elle chante « Suzanne » le fameux tube baba.

Bon sang ! C'est elle la Suzanne de la chanson ! Et bien non, on nous explique que ce n'est qu'une coïncidence, tant pis, on a marché une minute, quelle émotion... L'émotion est revenue quand on s'est rendu compte que la chanteuse était aveugle, elle a adoré nous palper la main pour nous voir à sa façon et nous appeler par nos prénoms français au milieu d'une chanson. Son ami nous donne le site non officiel du père Léonard sur une affiche, nous achetons le CD (fait main à deux pas d'ici) et un petit billet pour l'aider à aller voir son papa de 86 ans qui vit toujours en Afrique du Sud.


A l'autre bout du marché, un groupe de reggae s'exprime sur une petite place, bons musiciens, bon « groove » et en plus il fait bien 25 degrés, n'oublions pas que nous sommes à la latitude de la Sicile bien qu'en Californie du nord. Le soleil tape et il en faut moins pour que les californiens se dénudent !

Nous irons boire un cappuccino dans un bar tenu par des noirs mais très mixte dans sa fréquentation. Sur la vitre une étiquette pour Obama, ici tout le monde est pour lui et dans le coin, on est plutôt démocrates. 

Claude David

Chronique californienne, saison 2 (3 ème jour )

Dimanche 10 février : Sur le porte-avion USS Hornet

porte avion : dortoir Porte avion entier Hélico US Navy Avion Navires de guerre Piste


Alameda est une ville située sur une grande île de la baie de San Francisco. Plutôt une ville tranquille, plutôt bourgeoise. En raison de son statut d'île, les beaux quartiers sont exceptionnellement sur le plat, contrairement aux autres communes de la baie où les plus riches ont élu résidence généralement sur les hauteurs.
C'est aussi une ville au passé militaire intense. A l'abri des vents et des vagues de l'océan, sur la baie, les plus gros bateaux peuvent jeter l'ancre ici.
Ainsi l'Uss Hornet, porte-avion désarmé en juin 1970. Ce porte-avion fut construit en 16 mois et a participé à la deuxième guerre mondiale, à celle du Viet-nam et finalement aux premières mission de repêchage des capsules des missions sur la lune, Apollo 11 et 12 en 1969. C'est un musée depuis 1998.

 

Porte avion : salle d'opération Porte avion : vue de la tour  Squale


A visiter ce navire gigantesque, où les mêmes salles se répètent sans arrêt, dortoirs, locaux techniques, etc. on a la sensation, comme dit Camille, une professeur de piano qui exerce à quelques centaines de mètres du géant, que des fantômes hantent sa carcasse... les fantômes de ces pauvres soldats morts au combat, qu'ils soient pilotes ou personnels de service.
Le pays montre avec fierté et honneur ses victoires, sa gloire, les 255 avions descendus « shot down » (descendus) en seulement un mois... mais cherchez, vous ne trouverez pas le nombre de pilotes tués du côté américain. En revanche, vous pourrez voir le bloc chirurgical et vous imaginerez les blessés qu'on ampute, les agonisants. Comme disait Prévert « la guerre, quelle connerie » !
Oui, un porte-avion comme celui-ci, c'est impressionnant, pour toutes les raisons que je viens d'énoncer,  je vous passe les mensurations du bébé. Vous les voulez vraiment ? Bon, longueur hors tout : 894 pieds, hauteur ? 193 pieds et six pouces. Comment ont-ils fait pour mesurer les 6 pouces ? Mystère.
On a quand même moyennement envie de rire quand on pense que les Etats-Unis sont encore en guerre et que le budget vient d'être voté en augmentation tout récemment.

Claude David

Chronique californienne, saison 2 (4ème jour)

Lundi 11 février : C'est une maison bleue

Cela fera plaisir à quelques-uns, ce petit retour sur la chanson de Maxime Le Forestier : « C'est une maison bleue, accrochée à la colline, on y vient à pied, ceux qui vivent là ont jeté la clé, où êtes-vous ?... »
Sur la baie de San Francisco, il faut voir les choses autrement que par chez nous. Chez nous, si tu habites une ancienne maison en bois, c'est une cabane, tu es un pauvre. En dur, c'est mieux. Comme dans l'histoire des 3 petits cochons, le loup pourra toujours souffler, la maison en dur ne s'envolera pas.

A San Francisco, les plus belles maisons, les plus riches sont en bois, elles sont grandes et magnifiques. Les pauvres habitent des maisons en dur, moches et petites.
Comment savoir en dehors de cette distinction, si l'on se trouve dans un quartier calme (c'est-à-dire bourgeois) ou non ?
Le premier indice qui saute aux yeux : les grillages. S'il y en a, c'est qu'on se protège, si l'on se protège, c'est qu'il y a des risques, de la délinquance, etc.

Evidement, les loyers évoluent en fonction de.
La police est très réactive. En faisant son numéro de téléphone (le 911), aussitôt, ils débarquent chez vous, même si vousMaison bleue n'avez pas prononcé une parole.
J'en connais une dont le téléphone ne fonctionnait pas bien et qui involontairement appelait ce fameux numéro, elle a dû s'excuser maintes fois auprès des forces de police, déplacées pour rien.

Autre petite histoire : la police est appelée par erreur, la personne, une femme, raccroche aussitôt. Les forces de l'ordre débarquent aussitôt, c'est le mari qui ouvre la porte. Ils demandent à voir son épouse sur le champ. Eh oui ! Si c'était une femme battue ?
Tout cela rassure et fait peur à la fois, non ? Autre question : est-ce que les policiers se déplacent aussi facilement dans les ghettos ? Je me tâte.

Revenons à la maison bleue, c'est plus « cool ». Aucune n'est pareille. En général, elles ont un escalier sur le devant. Plutôt deux étages. Les couleurs sont pastel : rose, crème, mauve, vert tendre... l'ensemble est harmonieux, agréable à voir. Dans les zones très résidentielles, les maisons sont plus spacieuses, souvent sans étage et entourées de beaucoup de vert car ici la nature est généreuse, presque exubérante, même en pleine ville, toujours avec cette rencontre de la chaleur du désert intérieur avec l'humidité de l'océan tout proche.

Ah, la maison bleue ! Toute une époque. On lira ou relira les fameuses Chroniques de San Francisco d'Armistead Maupin si l'on veut se replonger dans ces années étonnantes où les fleurs poussaient partout en dehors des bacs !

Claude David

Chronique californienne, saison 2 (5ème jour)

Mardi 12 février :
Allo, docteur ?

Dans les voyages, il arrive parfois ce qu'il arrive quand on reste chez soi : on tombe malade. Un virus qui traîne et qui vous saute aux bronches, c'est ce qui est arrivé à cette pauvre Mimi pourtant débarquée seulement depuis 2 jours.
Bonne occasion pour vous parler du système de santé américain. Ce n'est pas brillant. Pas seulement pour les pauvres, qui n'ont plus qu'à crever avec leurs maladies, mais aussi pour la grande masse, les classes moyennes.

Vous ne direz pas : « Allo, docteur ? Je ne suis pas bien du tout, pouvez-vous venir me voir ce matin ? ». Chez nos amis d'outre-Atlantique, le médecin ne vient pas voir le patient à domicile.californie : saint Valentin La consultation ? Quelle consultation ? Il n'y en a pas, les médecins travaillent à l'hôpital. Donc, récapitulons : vous êtes malade, très malade : vous composez le 911 et on vient vous chercher. Vous êtes malade mais vous tenez à peine debout (genre une bonne grippe) : vous allez vous-même aux urgences et là, vous pouvez attendre entre deux et six heures en fonction de la gravité des autres cas. 

Dernière solution que nous avons expérimenté : vous avez une assurance avec votre mutuelle, en étranger méfiant des coutumes du pays. Bonne idée, mais il ne faut pas que ce soit trop urgent non plus (sinon, revenez à la case 911), car le premier interlocuteur que vous avez vous envoie sur un deuxième qui (vous reconnaissez tout de suite l'accent) se trouve au Québec et qui au bout de quelques aller-retour téléphoniques vous donnera finalement le numéro à appeler avant d'aller consulter dans une des deux cliniques proches de votre lieu de résidence, mais vous avez compris, ce sera plutôt pour demain puisque vous n'êtes pas à l'article de la mort.

En fait, il y a une énième solution : vous êtes très riche et/ou vous avez des relations. En l'occurrence, Mimi a été au domicile d'un ami médecin habitant à Berkeley qui l'a ausculté dans sa salle à manger gratuitement. Pour les médicaments, il vaut mieux être français et assuré, pour un américain de base, ce sera 300 dollars le traitement.

Christèle, qui travaille dans un lycée à Concord sur la route de Sacramento paye une mutuelle, mais suivant l'établissement où l'on travaille la couverture varie. Dans son cas, ce n'est pas très bien couvert, il y a un système de franchise. Si vous avez une maladie grave, vous serez pris en charge. Pour une grippe, essayez plutôt les plantes de grand-mère. Dans quinze jours elle doit se faire opérer d'une hernie, elle aura droit à une anesthésie générale mais devra quitter l'hôpital le jour même. Etonnant, non ? Elle s'attend tout de même à laisser 1000 dollars, heureusement qu'elle a une couverture sociale...

Mais parlons d'autre chose, c'est bientôt la Saint Valentin ! Et les vitrines roses écoeurantes s'allument, les gros paquets roses et blancs, devant les stations services à même le trottoir, avec des lapins et des cœurs en vois-tu, en voilà, allez, il faut voir la vie du bon côté !

Claude David

Chronique californienne, saison 2 (6 ème jour )

Mercredi 13 février : Doggy bag et lunch bag

Une pratique que je trouve très intelligente chez nos amis américains : à la fin d'un repas au restaurant, vous demandez un « doggy bag », littéralement un sac pour le chien. On vous regroupe les restants de votre repas dans un sac ou une boîte et hop ! vous finirez tout ça à la maison le lendemain, réchauffé.Californie : trottoir

C'est normal, personne ne s'en offusque, tout le monde y gagne et dans un restaurant nouveau et inconnu, vous êtes sûr de ne pas manger les restes d'autrui, eh oui, ça s'est vu partout dans le monde et on n'a même vu  pire...Citron géant

Un autre sac, le « lunch bag » pour les écoliers (et leurs enseignants) et pour toute personne qui n'a pas le temps ou les moyens de déjeuner à l'extérieur de son entreprise. Chaque matin, il faut préparer la « gamelle ». Le jeune Thomas (8 ans) a de la chance, en tant que franco-américain, maman lui a préparé un vrai déjeuner équilibré : dans un compartiment des fruits frais, ananas, mandarine, melon, dans le thermos tomates farcies améliorées à la californienne, des petits gâteaux bretons, un laitage et une bouteille de jus de fruit vitaminé. Les lecteurs de ma chronique de l'an dernier s'en rappellent peut-être, les yankees mettent des vitamines partout.

Nous avons dégusté dans Berkeley un jus de fruit glacé sur-vitaminé, « organic » (bio) dans un de ces « bars à fruit » qui se développent de plus en plus ici, il paraît qu'il commence a y en avoir sur Paris...
Californie : Citronnier surun balcon.
Premier effet quand vous tirez sur la paille : une grande douleur dans les sinus, il y a de la glace pilée dans la mixture (pas de coca sans glace, pas de restau chinois sans grand verre d'eau plein de glaçons, etc.) Heureusement, ça passe en quelques secondes ! A côté du bar à fruit, un marchand de glace avec une queue terrible (nous sommes en février et il ne fait pas si chaud que ça), et dont la devise éclate au-dessus de l'entrée : « Life is uncertain, eat dessert first » (la vie est incertaine, commencez par le dessert ! » Commercial mais sympa.

Un peu partout, on voit les bourgeons prêts à sortir, certains arbres sont déjà en fleur, ça va péter !
Sur le balcon de notre hôte, il y a un citronnier avec des citrons en toutes saisons et chez le voisin, un monstre qui produit des citrons gros comme des melons !

Claude David

Chronique californienne, saison 2 (7ème jour )

Vendredi 15 février : Dirt Devil

Californie : Dirt devil !Les américains sont les pionniers de l'électroménager. Pendant que les européens se déchiraient, se faisaient la guerre, en particulier au début du XXème siècle, la production en chaîne démarrait outre-Atlantique et chacun voulait sa voiture, sa machine à laver, son frigo et bientôt son téléphone, sa télé... pendant que nous autres (ou plutôt nos grands ou arrière grands-parents) au fond de notre Picardie nous en étions encore à la voiture à chevaux, à l'usage du lavoir, au garde-manger et aux débuts de la radio (postes à galène) !

M. Taylor, M. Ford étaient les maîtres de la production (en attendant les Bill Gates d'aujourd'hui). De surcroît, on fabriquait des engins, des appareils d'une robustesse à toute épreuve. C'est pourquoi beaucoup fonctionnent encore de nos jours. J'ai vu des frigos et des machines à laver de taille impressionnante, aux formes arrondies et aux couleurs pastel dignes des belles américaines de l'après-guerre, d'ailleurs, des belles américaines il en roule encore, on en voit tous les jours. Et ça marche toujours. 
Aujourd'hui j'ai utilisé le « Dirt Devil » (le diable de la poussière) un engin magnifique et bien rétro qui aspire la moquette (beaucoup d'appartements américains sont entièrement moquettés, ça aussi c'est rétro), mais qui la ratisse, la herse, grâce à un rouleau hérissé de poils durs qui accroche la poussière avant de l'avaler. Evidemment, l'engin est très bruyant, le bruit est aussi d'époque. Mais efficace.

Et je pense que chez un antiquaire de chez nous, l'engin vaudrait quelque chose.
Vous voyez, chers lecteurs, on peut faire du journalisme sans sortir de chez soi, le sujet est mince, mais je n'ai pas eu le choix aujourd'hui et j'espère qu'il vous a intéressé.

Claude David

Chronique californienne, saison 2 (8 ème jour)

Samedi 16 février : Antonio, Jivka, Armelle, Fatima et les autres...

Que sont devenus nos amis (voir Chronique 1 de 2007) rencontrés ici les années passées ?

Passons en revue ce petit monde, en commençant par ceux pour qui c'est difficile :
Antonio, le gentil mexicain, qui enseignait en lycée et qui avait eu de gros ennuis parce qu'une petite garce avait prétendu qu'il l'avait « touchée » alors que le portable de la jeune élève sonnait en plein cours et qu'Antonio avait tenté de s'en emparer, la frôlant ? Rappelez-vous, cette histoire ressemblait bien à un coup monté. Oui mais le pauvre Antonio est aujourd'hui concierge, et pas trop  heureux de l'être, lui qui aimait bouger, voyager, voir du monde...Californie : Jack London

 Malgré cette histoire ridicule, il aurait pu rester dans l'enseignement, c'est lui qui a choisi de partir, d'ailleurs il atteint l'âge de la retraite, ce qui, ici, ne signe pas l'arrêt de toute activité, car les retraites ne suffisent souvent pas à vivre. N'oublions pas qu'il n'y a pas non plus de loyer modeste dans la région, à moins de vivre dans un coupe-gorge !

Jivka, la bulgare, dont le mari ukrainien est informaticien ? Souvenez-vous, elle travaillait dans une pharmacie. Elle vient de partir promptement dans son pays d'origine car son papa vient de décéder. Quand on a quitté son pays récemment, les attaches sont encore fortes et la famille vous manque, chaque événement important ou dramatique rappelle l'émigré vers sa terre de naissance.

Ceux qui vont bien :
Armelle, la bretonne, qui avait obtenu sa green card par loterie et qui avait créé une exposition avec d'autres artistes à San Francisco, est partie pour un travail de restauration de vitraux sur la côte est pour une quinzaine de jours. Elle vient d'appeler ce soir, de New-York, pour donner de ses nouvelles
Fatima, la brésilienne, concierge et sans papiers. Sa maman est venue du Brésil pour assister sa sœur qui va avoir un bébé. Elle vient de plus en plus souvent, ses enfants sont ici, peut-être qu'elle finira par rester, la maman ?
Fatima a laissé un message sur le répondeur, elle est très en colère (et en brésilien, je vous assure que c'est très impressionnant) car elle se sent abandonnée, on ne pense plus à elle ! Son caractère excessif lui fait oublier que c'était son tour de se manifester...

Californie : Porte d'une belle maison !Ceux dont on n'a pas de nouvelles :
Jean (prononcer d'jinn), la charpentière-accordéoniste qui a disparu de la circulation : est-elle toujours dans le quartier de la Bastille à Paris, restée un peu trop longtemps en France... ? Ou est-elle revenue à Berkeley pour reprendre son entreprise en main ? Messages sur son répondeur mais silence radio. 

Et puis il y a tous les autres dont je vous ai parlé, émigrés récents ou émigrés de x générations, car ici, on le sait bien, tout le monde est émigré/immigré à part les indiens...
Ils sont informaticiens (beaucoup), avocats, profs, artistes, petits employés...
Certains votent Mc Cain, d'autres Hillary, d'autres Obama... certains ne votent pas du tout (les taux d'abstention sont impressionnants aux us).

Enfin, chacun vit sa vie tranquillement et on ne se rend pas compte que ce pays est en guerre. A moins d'avoir un militaire en Irak dans la famille, il est possible d'ignorer tout à fait qu'on est pas seul sur la planète. L'Amérique est une grande île et la géographie, -l'histoire aussi d'ailleurs- n'est pas le fort du citoyen moyen. On comprend alors mieux la stupeur et le désarroi des gens d'ici quand les deux tours se sont écroulées. Les conflits ont toujours paru se passer à l'autre bout de la galaxie...

Claude David

Chronique californienne, saison 2 (9 ème jour)

Dimanche 17 février : Séquoias et bonzaïs

Californie : BonzaïL'Ouest, terre de contrastes. Grands et petits se côtoient, riches et  pauvres. Vertueux et voleurs. Californie : Bonzaï de LincolnMais, on peut se tromper... Ce type noir dans un 4x4 énorme avec la musique à fond : réussite sociale à la Obama ? Ou mafieux de première catégorie ?
Ainsi ces grands séquoias qui parsèment la région, les « red wood », ils sont très vieux, plusieurs centaines d'année. Dans le jardin d'un voisin, il y en a un qui trône au milieu et qui mange tout l'espace de son tronc énorme. Sûr qu'il était là avant toutes constructions. Impossible de l'enlever maintenant, il faudrait détruire les maisons autour !

Mais les bonzaïs près du lac Merritt, s'ils ne sont que de petits bonzaïs, ont l'avantage de leur honorable longévité qui est encore plus longue que celle des séquoias géants. L'un d'entre eux est un gamin, il a connu le président Lincoln au XIXème 

siècle mais un autre qui a été trouvé dans le désert Californie : Bonzaï du désert (c'est pour cela qu'il est considéré comme un bonzaï, car il a enduré naturellement les mêmes conditions que ses congénères domestiques) a un tronc mort de 2000 ans et une partie vive de 600 ans ! Peut-être aussi que le volontaire de la donation qui nous fait l'explication nous raconte des calembredaines ?

L'Ouest, terre de rumeurs. On a dit qu'il y avait de l'or (relire L'Or de Blaise Cendrars, magnifique) en Californie, le pauvre Sutter, d'homme le plus riche de Californie en a fait les frais et y a perdu toute sa fortune. Beaucoup ont été propulsés par cette découverte. Beaucoup sont morts avec quelques cailloux jaunes sans valeur dans la main.
La publicité politique donne fort dans la rumeur au pays de l'Oncle Sam.Californie : Séquoïa

On a dit par exemple qu'Obama avait tourné le dos au drapeau national quand celui-ci était hissé, on a dit qu'il était musulman : elle est bien claire l'arrière-pensée perverse qui se cache derrière ces calomnies. Obama est un pur américain, très chrétien, mais au fond du Texas, on sait ce qu'on sait ! En Californie, on n'est plus politisé et le débat est plus large. Les californiens ont, ceci dit, choisi un ancien acteur de cinéma comme gouverneur, qui nous a d'ailleurs laissé un souvenir impérissable dans « Un flic à la maternelle ». Sacré Schwartzy !

Ce n'est pas nous, petits français de la vieille Europe, qui mélangerions ainsi politique et vedettariat ! 

Claude David

Chronique californienne, saison 2 (10 ème jour )

Dimanche 18 février : Tous des enfants !

Qui n'a pas entendu cette expression : « les américains sont de grands enfants » Californie : Oakland : les oeufs? Comme toujours dans les expressions populaires, il y une part d'exagération (ici, déjà le simple fait de généraliser) et puis un fond de vérité qu'il faut rechercher...
Peut-être ce côté ingénu vient-il de l'Histoire du pays et de ses habitants ? L'individualisme forcené qui a été fondateur de ce pays laisse des traces probablement. Pourquoi s'encombrer de doutes, de questionnements, quand il faut foncer, surmonter, produire, s'enrichir au plus vite ! C'était la mentalité des pionniers, il en reste quelque chose forcément, d'un peu brutal, d'un peu simpliste, donc d'un peu enfantin.

Les différentes couches d'immigration ont eu les mêmes difficultés à s'intégrer, ils l'ont fait au prix de sacrifices qui n'épargnent rien ni personne.
Dans ces conditions, il y a les bons et les méchants, les courageux et les lâches, et quelques jolis contes de fée qui ont pénétré jusque dans les rites nationaux et religieux et qui nous, vieux européens, ne laissent pas de nous surprendre par leur naïveté.

Ainsi Dieu est une super star, la guerre un jeu vidéo, les autos des jouets et ainsi de suite... mais chez nous, n'observons-nous pas ce genre de glissement ?
Avec cette absence de nuances, l'Amérique est devenue la première puissanceCalifornie : Oakland : super croc ! mondiale, que voulez-vous ? Ils peuvent se moquer de nous, nous les coupeurs de cheveux en quatre, les beaux parleurs...

Si j'applique la théorie un peu simple que les américains sont des enfants, peut-être cela explique-t-il qu'ils soient si attentifs aux enfants, les vrais enfants ?
Et là, je vais dire tout le bien que je pense des efforts faits envers les petits.*

Partout, vous observez des jeux à la disposition des enfants, des « parcs », parfois ceux-ci sont près des écoles mais accessibles à tous quand les écoles sont fermées. Des musées dédiés aux enfants comme celui d'Oakland, le « Moca », (Museum of Children Arts), où les œuvres exposées sont toutes fraîches sorties des mains des bambins, pris en charge dans les ateliers les plus divers.

Partout en ville et dans les grands parcs nationaux, des bénévoles prêts à expliquer aux gamins ce qu'il y a à savoir sur la nature en particulier.
Les parcs zoologiques sont également un modèle éducatif. Tout est pensé en fonction des enfants, la présentation des animaux, leurs « shows », une grande partie de celui d'Oakland a été refait de manière très intelligente. Partout des activités ludiques, des jeux liés au monde animal, des explications à leur portée.

Californie : zoo Oakland : la grenouille Californie : zoo Oakland : l'araignée


Il y a des animaux comme dans tous les zoos, éléphants et tigres, etc. mais on a pensé aussi à une petite ferme où des animaux domestiques comme des chèvres, des lamas, etc. peuvent être touchés, peignés, caressés...
J'ai même noté un pavillon dont l'entrée est constituée de deux portes, l'une, haute, pour les adultes, l'autre, plus petite, pour les enfants : un détail qui montre le souci de tout mettre à l'échelle !

Pour finir par une boutade, je dirais : « pas étonnant que les américains veuillent rester des enfants ! C'était tellement bien ! »
 
Claude David

*une petite réserve tout de même : l'école maternelle publique ne prend les enfants qu'à 5 ans et la crèche est à 12 dollars l'heure.

Chronique californienne, saison 2 (11 ème jour)

Lundi 19 février :La concierge n'est pas dans l'escalier !

Bizarrement, dans ces villes où le chacun pour soi est souvent la règle, tous les immeubles ont des concierges. Bien sûr, rien de commun avec notre concierge d'antan, dans sa loge du rez-de-chaussée, qui trie le courrier, balaie l'escalier, et discute le coup avec les locataires...

Le concierge américain (c'est plus souvent un homme contrairement à chez nous) n'habite pas une loge, mais un appartement lambda, parfois ailleurs que dans l'immeuble dont il a la charge.Caifornie : Laverie dans un immeuble
Il s'occupe de l'entretien des locaux, des poubelles, etc. comme chez nous.Californie : Oakland : down town
Mais surtout, il est muni d'un portable et dans un créneau défini, on peut l'appeler pour des réparations dans les appartements, électricité, plomberie, etc.

Sa présence -qui peut être sporadique- est bien sûr un élément de sécurité, en renfort de tout ce qui est déjà mis en œuvre : interphones, grilles, caméras, etc.
En revanche, il ne s'occupe pas des machines à laver et séchoir à linge collectifs et à pièces (1 dollar 25 la lessive), en batterie, qui se trouvent au sous-sol à la disposition des locataires.

Parfois, le propriétaire le charge de tâches plus délicates, comme celle d'expulser un locataire qui ne paie pas son loyer...
C'est lui aussi qui fait visiter les appartements à de nouveaux arrivants et leur explique les conditions de la location.

Claude David

Chronique californienne, saison 2 (12 ème jour)

Mercredi 20 février : Problèmes d'opinions

Invitez des américains en France à un repas de famille ou même de copains. Vous allez les saoûler ! Un repas qui s'éternise une heure, deux heures voir plus : inconcevable ! Manger aussi longtemps ! Et parler, parler ! 

J'étais très surpris des réactions de Joe, aux racines gréco-latines si proches pourtant, devant nos us et coutumes. Il ne comprenait pas que l'on discute sur des sujets aussi brûlants -et donc pour un américain, dangereux- que ceux de la politique et de la religion. Il croyait, quand le ton montait 

Californie : Cathédrale Californie : Cathédrale vue du lac Californie : église coréenne

par l'effet de la passion -et peut-être de l'arrosage du repas- que deux personnes qui s'affrontaient dans le domaine des idées, ne pourraient jamais se réconcilier après une telle joute ! « Mais non, lui disait-on, on discute, c'est tout ! »

Pourtant les américains prennent parti, ils affichent souvent leurs idées, comme nous n'oserions pas le faire, sur une pancarte à la fenêtre, un autocollant sur leur auto, sur un maillot imprimé. Des commerçants revendiquent leur candidat aux présidentielles, sans se demander si cela peut être dommageable pour une partie de leur clientèle...
Donc, dirons-nous, extravertis dehors, introvertis dedans...  C'est mon impression, mais il faudra sûrement tempérer ce jugement par le simple fait que bon nombre d'américains se fichent éperdument de la politique. Moins de la religion sans doute. Quoique ici sur la baie de San Francisco, on a des sentiments plus partagés à cet égard, un peu comme en Europe.
En fin de compte, le sentiment national est peut-être le lien qui réunit à peu près tous les citoyens, on ne rigole pas avec le drapeau.

Californie : Eglise anglicanne

 

Au cours d'une promenade, nous avons vu une cathédrale en construction, ultra moderne, tout de verre. On trouve un culte tous les cent mètres sur les grandes artères, église luthérienne, église coréenne, vietnamienne, synagogue, temples de toutes sortes plus ou moins sectaires à nos yeux européens.

Tout à l'heure, à un feu, il y avait une fille avec une pancarte en forme de croix avec des slogans et qui haranguait les automobilistes, pour leur dire encore que Jésus était vivant, on pense : « illuminée !»

Claude David

Chronique californienne, saison 2 (13 ème jour)

Vendredi 22 févrierL'Alliance Française

Apprendre le français en Californie du nord, c'est très « classe » ! Le meilleur moyen pour les gens d'ici est de se rendre dans l'une des 4 ou 5 Alliances Françaises de la Baie. Aux Etats-Unis, il existe une centaine d'Alliances Françaises.
La plus réputée du coin, c'est sans nul doute celle de San Francisco, à cause de sa situation, près du Consulat (qui est d'ailleurs le Consulat responsable pour tous les états de l'ouest). L'Alliance Française de San Francisco est paraît-il plus prestigieuse que l'Institut Goethe, son pendant germanique, pourtant mieux structuré, plus rigoureux. Mais c'est comme ça, le Français fait plus recette !

A San Francisco, on trouve des classes d'environ 12 élèves, un peu moins d'effectifs dans les petites Alliances comme à Berkeley, nous verrons plus loin pourquoi.
Les Alliances Françaises ne sont pas aidées, encore moins financées par la France comme on le croit parfois. Ce sont les élèves qui les font vivre. La France n'a que très peu de privilèges, comme de nommer un haut responsable et même pas les directeurs. Les professeurs sont tous français, ce sont souvent des femmes qui apportent un salaire d'appoint à leur mari car en gagnant 1500 à 1800 dollars maximum (ce qui est exceptionnel, il faut être très disponible), vous atteindrez tout juste le prix d'un loyer dans la Baie.

Californie Alliance  française de Berkeley


Pour les élèves, il faut compter 225 dollars pour une session de 2 mois, ce qui revient à 14 dollars l'heure en groupe. Les cours privés sont à 50 dollars l'heure.
Cela ne semble pas excessif et l'on préférera ces cours à des cours en faculté car on aura l'assurance d'avoir un professeur français, des livres en français (ils sont édités en France), un environnement entièrement français.
Deux types d'élèves se rendent à l'Alliance Française : les débutants qui forment la majorité des effectifs, ils ont parfois fait un peu de français au lycée, ou ce sont des gens qui s'apprêtent à faire un séjour touristique ou professionnel.
Cette clientèle est assez volatile. Le deuxième type d'élèves est constitué d'amoureux du français, avec déjà un bon niveau, ils veulent se perfectionner, ce sont les fidèles, certains viennent pendant des années.

La petite Alliance Française de Berkeley n'est qu'une maison qu'on ne remarquerait pas particulièrement. Une centaine d'élèves la fréquentent. Elle propose de nombreux centres d'intérêts divers et variés autour de la culture française. Evidemment les cours sont à effectifs plus restreints, faute de place, mais c'est aussi un confort supplémentaire pour étudiants et professeurs.

Il y a bien sûr une bibliothèque et une vidéothèque. Les étudiants adorent les animations du type : « soirée du Beaujolais » ou encore adhérer au groupe jardinage (jardiner en français, ça c'est chic !) et participer une fois par mois au pot-luck (traduisez auberge espagnole, on partage ce qu'on apporte), gratuit, qui est une soirée de « conversation ». Ne sont pas exclues les animations musicales ou théâtrales, au gré des initiatives des professeurs.
Je serai américain, je choisirais la petite Alliance Française de Berkeley à la grande de San Francisco, qu'en pensez-vous ?

Claude David


Chronique californienne , saison 2 (14ème jour)

Dimanche 24 février : En balade dans les rues !

En balade dans les rues de ce coin de la Californie du nord, l'Axonais de service que je suis ne s'ennuie jamais. Le spectacle est dans la rue. Comme il est souvent dans les rues des villes. Mais vraiment cet endroit est assez extraordinaire.
 D'ailleurs, tout près, il y a cette pancarte : « fairyland » : le pays des fées. Les fées sont ce qu'elles sont, pour nous et pour tous les enfants. Savez-vous ce que sont les fées du côté de San Francisco ? Vous avez peut-être deviné... les homos, bien sûr.

Parfois, on croise un couple d'hommes, main dans la main, quand on vous dit que les californiens sont décomplexés...
Et puis à chaque séjour, nous avons l'impression que le nombre d'obèses a encore augmenté. Tout est fait pour encourager la mal bouffe ! Ces affiches énormes sCalifornie : Station service ou fastfood ? ur des pancartes ou des bus, représentant puissance 1000 des hamburgers dégoulinants de graisse... Cette publicité d'un fast-food indiquant le poids minimum de viande contenu dans les hamburgers précités met bien l'accent sur la quantité exclusivement. A cinq minutes de l'appartement où nous sommes se trouve un fast-food qui ressemble étonnamment à une station service des années 50. 

L'extérieur comme l'intérieur ne donnent pas envie d'y consommer qu
Californie : boutique de modeoique ce soit. Des carreaux de faïence blancs et rouges, des cuves industrielles métallisées, des tuyaux, et un aspect général crasseux. Pour manger là, il faut vraiment être accro aux graisses saturées et ne chercher que ça. Comme les drogués qui se foutent pas mal de la merde qui les entoure, hypnotisés par leur besoin.

Mais un peu plus loin, une avenue plutôt sympa où les restaus et les boutiques se succèdent. Pour dire : tout est un peu mélangé, il y en a pour tous les goûts et toutes les bourses dans le même quartier.
Je prends quelques photos, accompagné du jeune Thomas en vélo qui serpente entre les passants, sur les larges trottoirs des avenues.
Je m'arrête devant une boutique de mode avec des étalages multicolores surmontés de têtes de mannequins à perruque. Je fais une photo que je crois discrète. J'entends 3 secondes après une voix féminine derrière moi qui me hèle : « sir ! sir ! please ! » . Elle n'est pas contente de ma photo clandestine. 

Je suis du FBI et je repère les magasins de mode non conformes pour les dénoncer au gouvernement. Ou plutôt non, je suis Lucien Grouchard, des renseignements français, en enquête internationale sur le gang des postiches !

Je lui propose de faire « erase » sur mon appareil, mais finalement elle baisse pavillon. Je ne lui ai pas dit que j'étais l'envoyé très spécial de basdelaisne.com, ouf ! J'espère que Brigitte Letellier, notre rédactrice en chef n'aura pas un procès sur le dos !
Mais, au fait, comment a-t-elle vu, la fille du magasin, que je faisais une photo ?

La réponse est dans la photo : il y a une caméra qui filme l'entrée, d'ailleurs on voit l'écran de contrôle sur la photo avec le petit point de mon flash.

Claude David


Chronique californienne  saison 2 (15ème jour)


Lundi 25 février : ils sont partout ces portugais !


Californie : san Léandro : viergesJe vous l'ai déjà raconté l'an dernier (voir saison 1), le café américain est infect ! Ce sont pourtant de vrais cafés, au premier sens, étymologique, c'est-à-dire des lieux où l'on ne boit que du café et surtout pas d'alcool, et qui d'ailleurs ferment avant le soir, rien à voir avec notre café du Commerce. Un petit coucou en passant à nos amis Jean-Marc et Isabelle du café « le champenois » à Crouttes-sur-Marne.

Alors, si l'on veut boire un vrai petit café ? Prendre la highway direction San Leandro, oui, c'est un peu loin pour aller boire un café, quelques kilomètres plus au sud de la Baie ! Mais c'est un bon prétexte pour découvrir l'une des nombreuses communautés spécifiques de la région. En l'occurrence, la communauté portugaise, très présente à San Leandro, provenant en particulier des Açores. californie : San Léandro caféEt nous irons boire notre petit expresso -excellent- dans cette grande boutique aux couleurs vertes et rouges lusitaniennes.
 On y trouve de tout de la Bacalhau (morue séchée) à l'huile d'olive en passant par des Portos (dont certains très vieux à plus de 70 dollars la bouteille), le vinho verde, les vierges Marie, les sardines et quelques ratons laveurs du Douro...
La femme qui tient la boutique est portugaise jusqu'au bout des ongles mais depuis 35 ans qu'elle est établie, un léger accent américain a poli son portugais.

Laissez moi vous raconter la petite histoire qu'elle nous a fait partager (grâce à Christèle notre interprète multilingue que je remercie au passage).
De retour du Mexique où elle faisait avec son mari un voyage touristique, ils ont été fouillés de fond en comble et ont eu droit aux tracasseries administratives réservées habituellement aux suspects de migrations clandestines. Pourquoi ? Parce qu'ils n'étaient pas grands et blonds, « wasp » (white-anglo-saxon-protestan) ? Alors qu'ils sont là depuis le printemps des œillets de 74, que leurs enfants sont nés et mariés en Californie, qu'ils ont tous leurs biens ici... !

Et que surtout, en tendant l'oreille, ils savaient que derrière eux, l'air détendu, passaient sans être inquiétés deux surfeurs avec de la drogue dissimulée dans leur planche !!!

Claude David
crédits photos : Claude David                                                 (La suite ICI)

 


 

Commentaires (1)

1. Catherine Bernier 13/03/2010

Quelle prose!!! very interessant.
J'ai bien ri par moments ( j'ai bien aimé le coup des repas qui s'éternisent, et les discussions enflammées, chez nous)
A+
Cousine Catherine

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