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Nous étions au cinquième jour des recherches des deux frères et leurs itinéraires s’étaient quelque peu rapprochés. Ricardo avait vraiment le coup de foudre pour Lisbonne, ses pavés noirs et blancs aux vagues de la mer des conquêtes, ses façades aux azulejos incroyables ; il n’était pas pressé d’aller ailleurs.
Il aurait pu rencontrer son frère lorsqu’il prit le train pour le quartier de Belem, à l’ouest de la capitale, alors qu’Emilio allait au terminus, à Cascais, encore plus à l’ouest.
Belem restait incontournable pour les touristes du monde entier. Du train, il vit le fameux pont rouge du 25 avril qui ressemble tant au Golden Gate de San Francisco et le christ-roi sur la colline, comme à Rio.
Comme son frère, son attention fut attirée par la fameuse tour de Belem, qui concentre tout l’art manuélin dont les cordages célébrant les grandes découvertes se mélangent au gothique, au renaissance, et aux entrelacs mauresques…
Mais son but sera quelque peu retardé par un passage par l’Antiga confeitaria, ce grand café couvert d’Azulejos du XVIIème où il dégusta la spécialité : le petit flan rond de Belem. Un ne lui suffit pas et il but son énième café bien tassé à la mode du pays pour faire passer tout ça.
Son but ? Le monastère des Hiéronymites : Mosteiro des Jeronimos. Dans le domaine religieux, après le dernier coup de fil d’Emilio, il se rendit compte qu’il était très en retard. Et pourquoi Emilio avait-il été voir plusieurs monastères ? Avait-il une idée derrière la tête ? Lui avait-on donné un indice dans ce sens ? Il ne voulait pas être en reste.
Pour le coup, l’art manuélin explosait de toutes parts. Les voyages et découvertes des grands navigateurs y étaient pour beaucoup. La richesse s’étalait ici, l’or brillait partout.
-La richesse, se dit-il, au fait, c’est dans le texte du testament, la richesse… qui sait ?
La magnifique église avait résisté au terrible tremblement de terre de Lisbonne, malgré ses audaces architecturales. Il fut heureux d’admirer les tombeaux de Vasco de Gama (il en avait quand même entendu parler à l’école, mais c’était loin) et celui de Camöes, qui parait-il était un grand poète du Portugal. Comme il était ignare ! Jamais entendu parler ! Ni de Fernando Pessoa, d’ailleurs.
En sortant du monastère, un peu étourdi par tant de profusion artistique, il crut bon trouver un délassement en entreprenant la visite du musée de la marine tout proche. Mal lui en prit ! C’était magnifique et c’aurait pu être passionnant. Mais après le monastère, il fut vite fatigué des kilomètres de galeries du musée, ne recherchant même plus ce pourquoi il était là : une œuvre d’art représentant sa ville.
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