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En effet, le palais de Queluz, à quelques kilomètres de Lisbonne, était une sorte de réplique de Versailles. C’était l’œuvre d’un portugais, Mateus Vicente de Oliveira et d’un français, Jean-Baptiste Robillon, qui acheva les bâtiments et fit implanter des jardins à la française pour plaire à la commanditaire, la reine Maria 1ère, qui passa sa jeunesse à la cour de France. L’idée d’Emilio brillait d’évidence : d’abord, il cherchait bien dans la région natale du grand-père –né à Cascais, tout près de Queluz- et d’autre part, grâce à cette reine francophile et à son architecte, il y avait peut-être des chances de trouver trace de la ville de Château-Thierry dans l’une des nombreuses œuvres du site. Le palais rappelait vraiment Versailles en taille plus modeste et malgré ses décors rococo. On y Emilio en avait mal aux yeux de tout scruter, tout observer en détail. Même les plafonds peints retenaient son attention et il en avait le tournis. Il n’est pas étonnant d’apprendre que les deux frères, si proches –ils n’étaient qu’à un an d’écart- avaient chacun de son côté, noté scrupuleusement la fameuse phrase du testament. L’un, tapée sur son PC, sortie imprimante, le document quittait sa poche dix fois par jour pour y chercher un nouvel indice. C’était Emilio. Ricardo, lui, l’avait notée en message sur son téléphone portable, il ne la consultait pas moins. Pourquoi Mafra ? L’indice était léger : dans un guide touristique, Emilio lut que Joao V avait réalisé le vœu de construire un monastère si le ciel lui donnait un héritier. Héritier, héritage, testament… pourquoi pas ? Ce n’était pas bien clair, certes. Mais en même temps, quelque chose en lui avait envie de voir un décor opposé à celui de Queluz et surtout… moins de tableaux, de sc ulptures, de tapisseries qu’au château de Queluz! il ne fut pas déçu. Mafra était immense, le roi constructeur avait voulu égaler l’Escorial, intégrant une basilique, un hôpital, un monastère et un palais royal. Mais heureusement, sur les quatre hectares de Ces statues de moines semblaient danser, ce salon de chasse où cornes et bois de cervidés se mêlaient au mobilier, tout cela l’intriguait, l’amusait. Notre jeune détective se replongea dans l’objet de sa recherche en pénétrant dans l’infirmerie des moines. Il avait déjà vu cela en France, lors d’un voyage scolaire. Il Encore une fois, cela renvoyait à la Bourgogne, non à la Picardie. Et de toute manière, le public ne pouvait en aucun cas toucher l’un de ces livres, alors… En jetant un dernier coup d’œil sur la façade géante de Mafra, il sut définitivement qu’il avait fait fausse route et chercha s’il y avait un camping dans la ville.
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