La Carte et le Territoire – Michel Houellebecq – Flammarion

7 mars 2011

Il a fini par avoir son Goncourt ! Houellebecq ne plaît pas à tout le monde, il dérange, c’est sûr, il agace parfois. En tout cas, ce roman est une œuvre puissante et intelligente qui connaît sans doute quelques trous d’air mais on est fasciné par le style et on est embarqué. Impossible à cataloguer, cette histoire qui se ballade entre autobiographie, manuel technique de l’art photographique et de la peinture, réflexion sur l’art, sur la vie et la mort, mais aussi roman policier noir.

Houellebecq sans doute est un cynique, probablement quelque peu désespéré. Sa franchise est cruelle mais en même temps nécessaire dans ces temps du « politiquement correct » et des consensus.

On sent bien que parfois, il se livre sans pudeur, on se doute que parfois il nous manipule. Privilèges du romancier !

Ce qui fait passer la sauce aigre : l’humour, un humour ravageur.

Je m’étrangle de voir dans le roman des noms d’amis et d’ennemis de l’auteur carrément dénommés. Lui-même se met en scène, c’est du lard et du cochon.

Je n’avais pas apprécié « Extension du domaine de la lutte » qui m’avait laissé une sensation de malaise peu agréable. La Carte et le Territoire n’y va pas non plus dans la dentelle, mais il y a un ton plus distancé et les personnages semblent moins paumés. Ici nous avons quand même une histoire d’amour même si elle n’est pas aboutie, une petite lumière.

Houellebecq, à lire quand vous allez bien et surtout quand vous allez trop bien.

Claude David

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