Ponction sur ordonnance

3 avril 2014

 L’un des 2 médecins du Pôle santé de Condé en Brie  va poser définitivement son stéthoscope dans quelques mois. Il ne va pas prendre une retraite bien méritée mais la poudre d’escampette ! En effet, ce généraliste va aller exercer à l’étranger. Malgré un carnet de rendez-vous plein avec plus de 60 heures d’exercice hebdomadaire, il est confronté comme tous les médecins libéraux, notamment dans la spécialité de médecine générale, à une baisse continue du pouvoir d’achat. Celle-ci est évaluée à environ 20% sur les 10 dernières années. Ses revenus avant impôt ne représentent désormais qu’à peine 50% de ses honoraires. Si ceux-ci ont été depuis 3 décennies maintenus presqu’au niveau de l’inflation, les frais, charges et taxes liés à l’exercice ont eux connu une augmentation soutenue et continue. La stagnation de la rémunération de l’acte médical -23€ pour les médecins généralistes-  a une incidence professionnelle comme l’impossibilité de renouveler et de maintenir à un haut niveau l’équipement informatique, indispensable et exigé par le pouvoir public, ou de disposer d’un équipement médical à même de faciliter la pratique et assurer la qualité du travail. A titre d’information, une consultation en médecine générale est rémunérée d’au moins 40 euros dans des pays européens à PIB équivalent à celui de la France et jamais moins de 40 euros en Europe occidentale. S’en tenant à la réalité de sa pratique rurale actuelle, il est paru incontournable à ce médecin de modifier son activité en se déplaçant dans un pays proche où l’exercice du métier permet d’allier les lourdes responsabilités qu’il engage avec des conditions de pratique plus sereines qui n’altèrent pas sa santé et permettent une vie de famille. Pourvu qu’aux vacances d’été ne vienne pas s’ajouter la vacance du poste !
Dominique Bré

Commentaires (1)

1. FORT Mika 03/04/2014

En ce moment, il doit avoir les oreilles qui sifflent ce brave médecin. Remarquez il est bien placé pour se soigner. Rendez vous compte, il partirait exercer en Suisse. Non mais ! Il bosse 60h par semaine, a chaque jour la vie de patients entre ses mains, est payé une poignée de cacahuètes et ose se barrer à l'étranger pour gagner plus en nous disant "Portez-vous bien !" Moi, ça me rend malade...

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