Un a xonais en vendanges à Crouttes sur Marne dans l'Aisne : le crû 2008 !

 

 

 

Les jours suivants
Vendanges 2008, le 18 septembre 2008

3ème jour

Les petits moments rituels

 

Eh oui, ces petits moments sont importants, c'est là qu'on se détend un peu, ils rythment la journée de travail. Cela commence le matin quand tout le monde arrive, poignées de mains et bisous, -comment ça va depuis hier ?
Bien dormi ? Encore mal au dos ?

Puis, on monte dans les véhicules, direction les "galipes" (les vignes) et on oublie pas son sécateur ! Devant la pièce, la patronne indique le rang de chacun, en tenant compte de chaque personne, les inséparables, les chevronnés qui vont aider les nouveaux, la dame qui est fatiguée qui ne fera qu'une "pointe", untel dans le rang des caisses (elle a l'habitude), untel
qui ne passera pas trop les paniers (pas assez costaud), etc.
Au bout du rang, se sera la pause, on sort les glacières : "café ? gâteaux ?" ça revendique pour rire :
-On nous avait promis du chocolat ?
Pour un certain nombre, c'est aussi la pause cigarette. A midi, on se lave les mains dans des bassines, on se plaint que l'eau est froide et on s'entend répondre qu'on est pas au "Hilton" puis on passe à table. Le déjeuner est un bon moment après l'effort, on rigole, on se remémore les péripéties du matin (le soir sera plus propice pour se rappeler les années passées). Les fumeurs sont les premiers à sortir de table, évidemment, bientôt rejoint par les autres, presque tout le monde est dans la cour, étalé dans les positions les plus diverses, on fait un peu le lézard avant de repartir. Le soir, il est fréquent de revoir des anciens qui viennent dire un petit coucou et demander des nouvelles et on se donne rendez-vous pour la "glane"
(la petite fête de fin de vendanges) Voilà quels sont les petits rituels d'une journée de  vendange ordinaire.

Galerie de personnages
  

Regardez les photos et voyez aujourd'hui notre play-boy, Pascal, celui qui se fait annoncer par son parfum et qu'on a surnommé les années passées : "canard-wc" ou encore "U-beau gosse"
Richard, avec sa gouaille et qui n'a pas sa langue dans sa poche. Fatima, notre futée marocaine et la petite Marie, bardée de sa licence, cette année. Nos amoureux, toujours à se dire des trucs secrets dans des petits coins.


Et un apprenti-gendarme, et une serveuse, et un futur infirmier, et un dessinateur, une prof en début de carrière et un autre en fin, une coiffeuse, un ou deux chômeurs, une femme de ménage, deux ou trois ouvriers, des étudiants, une vigneronne, deux vigneronnes, trois vigneronnes, un pompier professionnel, un ancien pompier volontaire, et... toujours pas de raton-laveur !

Le podium

Ceux qui ont lu les chroniques de l'an dernier connaissent ce fameux podium. Il s'agit en fait d'un podium à l'envers qui décerne la médaille d'or à celui qui a fait ou dit le plus de bêtises pendant les vendanges, et decrescendo pour l'argent et le bronze. L'an dernier, Guytou notre cuistot avait gravi la plus haute marche pour avoir fait jaillir une flamme de la bouteille de gaz mal fermée.
Aujourd'hui, la "petite patronne" a pris une longueur d'avance puisqu'elle a renversé le chenillard avec deux caisses pleines de raisin. Quand à Alfredo, il conserve de bonnes chances, pour avoir gelé sous sa tente la première nuit et avoir cru sincèrement que maintenant les hélicoptères peuvent fonctionner à l'électricité !

A demain !
Claude David (parmi les vendangeurs)

 Crédits photos : Claude David

Vendanges 2008, le 17 sept
2ème jour

Vignerons dans le sang !

En faisant des recherches généalogiques, on s'est rendu compte que 11
générations de vignerons précèdent Aymeric, c'est pas mal. A ce stade,
probablement qu'un peu de jus de raisin coule dans ses veines. Se rappelant
que son grand-père le posait "le cul dans une caisse" au milieu de la
remorque quand il était petit, Aymeric a refait la même chose avec
Naomi, sa
fille de 4 ans, à la grande joie de la petite et à la grande émotion du papa !

 

Une équipe multicolore

Hier, j'ai parlé d'un jeune garçon qui ne laissera pas un souvenirimpérissable à l'équipe et c'était un "voyageur", c'est-à-dire un manouche, un tzigane. Qu'on ne se méprenne pas, aucun ostracisme ou racisme  là-dessus de ma part. On verra sur les photos que l'équipe est toujours multicolore et ulticonfessionnelle, sans problème. Et aucune communauté n'est exclue à priori. D'ailleurs, ceux qui ont lu la chronique de 2007 s'en rappellent peut-être, nous avions un certain "Toto" dans l'équipe, vrai manouche, parlant le Romani et vivant dans une caravane. C'était un gars très sympa qui a d'ailleurs appelé au téléphone hier pour dire qu'il regrettait bien de e pouvoir faire les vendanges cette année, qu'il avait bien aimé l'ambiance et l'accueil. Il a décroché un CDI. Et quand une personne décroche un vrai travail, on est toujours content pour lui, un vendangeur, on en  retrouve. Il ne faut pas oublier que c'est un état très précaire !
Non, vraiment, aux vendanges, on rencontre des personnes de tous les milieux, de toutes les classes sociales et le courage ou la gentillesse (par
exemple) ne sont pas des qualités exclusives de tel ou tel groupe. Il
n'y a que des individus. Cela semble d'une évidence éclatante et pourtant il
faut le répéter encore et encore... Aujourd'hui nous avons croisé une équipe de polonais, ils viennent faire  les vendanges dans la région depuis de nombreuses années, ils sont réputés  pour être durs au travail. Sans doute ne font-ils pas le voyage pour rien ! La météo semble être toujours optimiste, c'est bon pour le moral, c'est  bon pour le moral !
A demain
Claude David
Crédits photos : Claude David

Vendanges 2008, le 16 septembre

Jour J

 

Ca y est, c’est parti et bien parti ! Il fait beau et l’équipe s’est jetée courageusement sur les grappes des coteaux entre Crouttes et Charly. La bonne humeur règne, les anciens savent que ça va bien se passer, les petits nouveaux découvrent l’activité, l’ambiance.

Première défection

Je vous ai parlé hier du plus petit camp de manouches de la région : eh bien, c’est fini, le camp se replie, nous perdons une recrue, mais pourtant tout le monde a été aux petits soins avec ce garçon, il avait un jardin privé pour mettre sa caravane, on lui a prêté un groupe électrogène pour qu’il puisse chauffer un peu et regarder la télé (Canalsat, s’il vous plaît), on lui a donné à manger, on l’a aidé dans les vignes parce qu’il était débutant… Ce soir, un « cousin » vient chercher la caravane et bye-bye, c’est ainsi, les voyageurs voyagent n’est-ce pas ?

Une demoiselle du nom de Fanny devait rejoindre le « camp » mais elle n’a pas daigné appeler pour s’excuser de son absence. A quatre heures de l’après-midi, elle appelle enfin. Pour s’entendre dire que c’est trop tard, elle est remplacée.

Aymeric et Karine sont très gentils mais ne vont pas se battre non plus pour encourager la fainéantise et le manque de politesse.

Une équipe formidable

D’autant que moins les deux olibrius cités, c’est jusqu’à preuve du contraire, une équipe formidable, et tout le monde fait de son mieux. Les nouveaux ont acquis très rapidement les réflexes techniques et surtout le rythme de travail et la solidarité dans l’équipe. On épaule celui qui va moins vite ; quand on a fini son rang, on aide les autres à finir. On plaisante, bien sûr, mais jamais de méchancetés, jamais de manque de respect pour qui que ce soit. Et le soir tout ce petit monde se quitte en se souhaitant une bonne nuit, pas trop de courbatures et au plaisir de se revoir demain matin.

Quant à Alfredo, il va replier sa tente (il a dormi à même le sol !) et on va lui faire une petite place au chaud dans le grenier, faute de mieux, mais il ne sera pas si mal, lui qui dort toute l’année dans une caravane (au mieux). Et il mangera avec nous, bien sûr. Il sera heureux comme un roi !

Claude David

 

Vendanges 2008, le 15 sept

J-1

Nous sommes la veille des vendanges et l’excitation est à son comble dans la famille David (société Les Fortes Terres à Crouttes-sur-Marne) car comme prévu… l’imprévu est de la partie.

 

Nous avons le plus petit camp de voyageurs du pays : une seule caravane, installée dans le jardin du bas. Avec un seul locataire et quelques mètres plus loin, l’inénarrable Alfredo, dans une tente à peine plus grande que lui.

Leur groupe électrogène est cassé, il faut en trouver un autre. Oui, au dernier moment, tant qu’à faire.

Et les imprévus continuent :

-Il y en a deux qui arrivent de Melun ce soir, ils couchent où ?

-Ah ? Ce soir ? Ils ont mangé ?

-Non !

-Bon, pas de problèmes, on leur fera une omelette !

Mimi (l’ancienne patronne) et Karine (l’épouse du nouveau) ont mal dormi ces dernières nuits : qu’est-ce qu’on a oublié ? Est-ce que tout le monde sera bien là ?

-J’espère que oui, dit Mimi, parce qu’on vient de refuser deux personnes qu’on a envoyées aux cousins de Charly…

-Elle vient finalement Fatima ?

-Oui, à mi-temps, le matin.

-Ah ! Demain, il y a du porc…

-Ce n’est pas vraiment un problème puisque c’est le Ramadan…

-Ah, c’est vrai !

Bon, allez, demain tout le monde sur le pont à 7 heures et demie ! Fredo, tu viens au café ?

-T’inquiète ! T’inquiète ! 

Claude David
Crédits photos : Claude David

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