Vendanges 2010 page 2

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Cinquième jour : mercredi 22 septembre

 Les anciens au créneau

Salon de coiffure... Freddo et Karine   La chaleur monte et ce soir, Karine a libéré les vendangeurs une demi-heure plus tôt. Personne n’a protesté ! L’équipe des anciens, préposés au réfectoire devront également s’occuper des deux filles d’Aymeric et Karine, c’est aussi la tâche normale des grands-parents, ils ont ce jour-là couru partout. Entre l’organisation de la « cantine », les vaisselles, le ménage, les tables à préparer, faire en sorte que les plats soient bien chauds, mais aussi emmener les petites au judo, à la musique, leur trouver des occupations, jouer un peu avec elles, les emmener dans les vignes voir couper le raisin, etc.

Chloé et Denis    Rencontres

Amélie qui apprend la coiffure a trouvé un moment pour s’occuper de la chevelure de Chloé. Les vendanges, c’est aussi des rencontres, des échanges. Où donc Amélie et Chloé se  seraient-elles rencontrées en dehors de cette occasion ? Nous nous sommes aussi amusés à photographier des couples mais depuis longtemps comme d’autres plus improbables comme : Karine et Alfredo, Denis et Marco (devant la bannière gay), etc…

   Denis au gouvernement

 Pourquoi nous est-il venue cette idée de mettre Denis au gouvernement ? Peut-être parce que Denis est syndicaliste. En tout cas, quelqu’un s’est demandé si un débardeur serait utile au gouvernement ! Et après, on dira que les conversations de vendanges ne sont pas d’un niveau très élevé ? Denis a répondu que s’il était débardeur au gouvernement, « vous allez voir comme je vais en débarder quelques-uns ! ». Sacré Denis, on en attendait pas moins de lui !

  La cafetière nucléaire

 Aymeric et Karine sont toujours à la pointe de la modernité : ils ont investi cette année dans une cafetière capable de faire à elle toute seule du café pour l’ensemble de la troupe. Aymeric m’a dit : « vous allez voir, c’est simple comme tout ! », ce qu’il Marco et Denisfaut traduire par : « En fait, c’est simple pour moi, mais vous n’allez rien y comprendre, les parents, malgré mes explications ».

 D’abord, c’est une cafetière sans bouton marche-arrêt. Inutile, puisqu’il y a un programmateur. Bon, d’accord, il faut penser à programmer à l’avance, si je puis dire. Ce qui a été oublié au moins une fois : café froid !. Avec les petites cafetières en batterie, on pouvait toujours rattraper le coup… « Ce n’est pas grave », a dit Karine, « buvez les thermos, en attendant !

 Ce qui est pratique, c’est d’appuyer sur le robinet pour faire couler le café directement dans le gobelet. Ah ! Stéphanie, tu n’avais pas lu le mode d’emploi ! Il faut aussi mettre le gobelet sous le robinet !

 En tout cas, une cafetière qui fait parler.

 6ème jour : Jeudi 23 septembre

  Toto le manouche

 Marco Toto se dit manouche et revendique sa «romanité » mais bizarrement, contrairement à Alfredo et ses amis, ilLe beau Pascal ne vit pas en caravane. Ceci dit, il parle romani et vous le verrez peut-être en fin de semaine sur les marchés vendre des blousons ou aider des forains à monter leurs manèges. Il est venu aux vendanges en renfort après la défection d’Aldo qui a disparu mystérieusement une fin de matinée. Le fait d’avoir rejoint l’équipe en cours de vendanges ne lui a pas permis de s’intégrer comme il y a quelques années. Cherchant des chicanes à tout le monde, Karine a dû se fâcher et des mots sévères ont été prononcés. Ah, ce n’est pas facile de jouer les médiateurs !

 La dure histoire de Marco

Marco est un grand gaillard d’un mètre quatre vingt dix (ce qui lui a valu d’être le premier contrôlé le jour du passage de la MSA) qui nous est arrivé sur une mobylette d’Isles-les-Meldeuse, 35 km.
  Ce trajet en mobylette, dans le froid et le brouillard du matin, le soir avec la fatigue de la journée, pas évident… Encore moins évident quand nous avons découvert que Marco n’avait qu’une main valide. C’est la raison pour laquelle nous l’avons gardé à coucher et à dîner pour la semaine. Il nous a raconté son histoire. 
Ludivine, Amélie, TotoMarco a été frappé d’une hémiplégie en pleine jeunesse, il a aujourd’hui la quarantaine. Il était cuisinier. Les difficultés se sont accumulées, santé (très longue hospitalisation, opérations), travail, famille…  Aujourd’hui, il est en recherche d’un travail stable. Ici, tout le monde a été stupéfait du courage et de l’obstination de ce garçon qui a vendangé d’une seule main (essayez !), sans jamais se plaindre et jusqu’au bout du contrat. 

Si quelqu’un peut aider à trouver du travail à Marc voici les quelques renseignements qu’il m’a donné :

42 ans, il est mobile, a une expérience de 16 ans dans l’hôtellerie comme réceptionniste, bac pro cuisine, il est ouvert à toute offre. Bénéficiant de la Cotorep, son employeur aura un allègement de ses cotisations sociales par l’intermédiaire de l’AGEPHIP, association d’aide aux travailleurs handicapés. Ecrire à basdelaisne.org qui transmettra.
Marco, c’est aussi le sourire et l’exemple, chaque soir, il a rappelé à tous : « A demain, de bonne heure et de bonne humeur ! »


7ème jour : vendredi 24 septembre

  
Fredo et la caisse à trous

Au pressoir : Karine Juju et Rasta De gros nuages noirs ont commencé à apparaître et l’on s’attendait à ce quo les prédictions de la météo se réalisent malheureusement : « averses orageuses ». Et soudain, la pluie a commencé à tomber de plus en plus drue. Au début, Karine n’a cru qu’à une petite averse et tâchait de dédramatiser la situation. « C’est rien ! C’est rien ! Ca va passer. » Mais rapidement, la petite averse s’est transformée en déluge et sauve qui peut pour se mettre à l’abri. Karine et un dernier carré de résistants se sont retrouvés au milieu de la vigne sous une pluie battante. Seule possibilité pour se protéger : se mettre le seau sur la tête et attendre que ça passe ! Fredo a eu la mauvaise idée de se cacher sous une caisse mais les caisses de raisin ont la particularité d’être pleines de trous !!!

 Bientôt la pluie s’est transformée ne grêle, une bonne grêle qui éclatait les raisins mûrs sur le dessus des caisses pleines. A l’autre bout de la commune, il n’y a pas eu de grêle, car, on le sait, le phénomène est généralement très localisé.

 Grosse fatigue

 Sale comme StéphanieLes deux Julien (surnommés Juju et Rasta) sont arrivés ce matin le pas traînant et les yeux dans le vague. On aurait pas fait un peu le « teuf » hier soir ? Les vendanges sont à la fois un travail dur et une fête. Le tout est de « gérer » comme on dit maintenant, les deux. C’est un peu difficile pour certains. En tout cas, « Rasta » a sauté le repas du midi, dormant dans le camion et se sustentant d’une malheureuse pomme.

 La petite chanson

 On m’a donné un document sur le passé du village (merci à Sylvette Cottray et Mme Verdier) où j’ai trouvé une petite chanson que l’on chantait ici paraît-il dans le temps jadis, probablement avant la guerre, la voici :

 « Allez en vendanges à Crouttes
   Pour gagner cinq sous
   Manger du fromage
   Qui pue comme la rage
   Et boire du vin doux
   Qui vous fait chier partout »

 Sale comme Sylvie Baptême

 La vendange se finit aujourd’hui avec un temps maussade et un chute importante des températures. A la  va-vite, Sylvie et Stéphanie ont trouvé quelques verdures pour fleurir le camion car il faut sacrifier à la tradition et les filles sont là pour le rappeler. Le convoi arrive dans le bruit : on klaxonne, on pousse des cris, c’est gai et triste à la fois.
Cette année, la plupart des nouveaux sont passé à côté du fameux baptême au raisin (écrasé sur la tête), on dira que ce n’est que partie remise !



8ème jour : samedi 25 septembre


la glane

Une grande partie de l'équipe   La vendange s’est terminée hier et aujourd’hui Fatimac’était le jour de la glane et de la paye. Deux absents remarqués : Chloé et Fatima. Chloé devait prendre son avion pour l’Irlande aujourd’hui, elle parle de s’installer bientôt sur Reims, peut-être la reverrons-nous aux vendanges 2011 ?
Fatima n’a pu venir pour des raisons privées mais elle était parmi nous par le bon gâteau qu’elle avait fait (en plus de ses excellentes pâtisseries marocaines qui n’ont pas fait long feu hier).
On trinque au Champagne et on se dit à l’an prochain. Pour plusieurs, on se reverra bien avant ! On donne son numéro de téléphone pour être rappelé pour la prochaine fois.
Les pâtisseries de Fatima Marco a chaleureusement remercié Fatima hier pour sa gentillesse (elle a souvent travaillé avec lui en l’aidant). Aujourd’hui, il n’oublie pas de remercier Mimi pour son accueil et Aymeric d’avoir bien voulu l’embaucher malgré son handicap.

Il a dit cette petite phrase qui nous a fait chaud au cœur : « C’était la semaine la plus belle de ma vie depuis des années ! »

Claude David
Crédits photos : Claude David
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