jours 9 et 10

  Page précédente                                                                                           Près du MOMA9ème jour :

Le MOMA, museum of modern art, à San Francisco

Sur les toîts du MOMA C’est très simple, vous longez le lac, tournez après deux blocs à gauche, le Bart (métro) est là. Le Bart passe sous la baie de San Francisco et en vingt minutes, vous êtes sur Market street, l’une des artères de la ville. De la station Montgomery, le musée n’est pas bien loin, dès l’instant que nous sommes armés de notre plan de la ville. Et bien sûr, comme toujours, dès que vous vous arrêtez quelque part pour consulter un plan ou chercher quelque chose, quelqu’un est là pour vous aider. Les Californiens sont bons citoyens et ont toujours le sourire. On nous a dit aussi que ce sourire était une forme de prévention contre une agression éventuelle. On s’en prendra moins à quelqu’un qui a l’air sympathique. Possible.

  Les français ne sont pas des citoyens obéissants, à l’aéroport et à la Poste, ils franchissent allègrement la ligne jaune impérative. Ils traversent la rue quand il n’y a pas de voitures et non pas quand c’est permis, ils ne font pas la queue sur le quai du métro. Mais que pense-t-on de nous ?

 Au musée, nous payons moins cher aujourd’hui car deux étages sont fermés pour cause d’expos en démontage. Tant pis pour l’expo Cartier-Bresson, entre autre. Deux expos temporaires en ce moment, une sur le vin, pourquoi pas. Une autre sur le voyeurisme et la surveillance, ah bon.

Un cellier comptemporain  Spécialistes du vin

 Sur le vin, nous remarquons une fois de plus que l’Amérique se croit au milieu du monde, comme les anciens chinois dans l’Empire du Milieu ! Une salle est consacrée à l’architecture des celliers dans le monde. Eh bine vous serez surpris d’apprendre au nord de la Loire. Pas de bâtiments intéressants à Reims et Epernay par exemple, vous voyez ? Pas de cellier remarquable non plus sur la Loire ou en Alsace non plus. En Espagne, oui, au Chili, oui. Le clou du spectacle : un bâtiment archi-contemporain en Espagne, ressemblant de loin à un fond de poubelle où se seraient mélangés des pelures, des cartons et quelques boîtes de conserves écrasées. Enfin, la maquette ne sent rien, heureusement. Mais là où je veux en venir sur le mur d’en face une vue aérienne du cellier en question entouré du vignoble. Et qui a vu l’état de ce vignoble ? La vigne tourne au jaune dans la moitié des parcelles, ma vigneronne d’épouse laisse tomber le verdict : « chlorose ! ». Le reste de l’expo est intéressant mais on sent un peu le sujet imposé: que dire d’artistique à propos du vin ? Classer par exemple les vins par les illustrations des étiquettes, les personnages, les animaux, la nature, l’amour… Autant d’illustrations qui n’apparaissent, soit dit en passant, jamais sur les grands crus. Ensuite une collection de flacons plus ou moins bizarres. Puis quelques carafes que l’on vous propose de respirer, après avoir utilisé une soufflette pour réveiller vos sens olfactifs, un commentaire vous aidera à retrouver les parfums. Nous trouvons que précisément, les vins californiens sont malheureusement parfois un tant soit peu « parfumés »…

  Histoire portugaise (vraie)
Vins à respirerDans un magasin d’alimentation, un type est censé renseigner les clients sur les vins. Bruno, d’origine portugaise, s’enquiert pour une bouteille de Porto qu’il ne trouve pas. Le type lui demande :

 -Vous désirez du Porto d’Australie, de Nouvelle Zélande ou de Californie ? Le nôtre est très bon !
-Non, du Porto, du vrai, précise Bruno
-Oui, c’est du Porto !
  -du Porto du Portugal, insiste Bruno

 -Ah ! Du Portugal ? Je ne savais pas qu’ils faisaient aussi du Porto !
  - !!!


Vue de chez Clint    10ème jour :

 Du côté de Monterey

 Trois jours sur Monterey sur la côté ouest, à 200 km en-dessous de San Francisco

Le ranch chez Clint Chez Clint

 Clint Eastwood fut le maire de Carmel, petite ville côtière sous Monterey ; on réalise tout de suite que la ville s’est construite au cœur d’une colline boisée. Les premières maisons se cachent dans les sous-bois. Le cœur de la ville semble avec ses arbres gigantesques un univers à la Lewis Caroll et Alice va peut-être soulever le rideau d’une de ces maisons de poupée.

 Face à l’océan, la ville derrière nous, un ancien ranch surplombe une prairie mouillée où des moutons s’égaient. Là se trouve le fameux restaurant appartenant à l’acteur-réalisateur. Une queue s’allonge devant la porte de l’établissement. Deux musiciens nous précèdent, pianiste et batteur, et nous entrons. C’est en fait un très grand buffet ; on nous offre à notre table une flûte de Champagne nature ou Mimosa. Puis nous allons directement vers le chef qui confectionne à votre demande le contenu de votre omelette. Le choix est grand et l’homme manie trois poêles sur le feu. Ce « brunch » n’a lieu que le dimanche, on s’en tire pour trente dollars par personne et service à volonté. C’est donné et assez étonnant dans ce coin où les « People » de Los Angeles ont leur base arrière quand la grand’ ville commence à les blaser.

  Les Missions sur la côte La mission San Carlos La Mission San Carlos

 Voici le monument historique le plus ancien de la région de Monterey : la Mission San Carlos Borromeo. Il s’agit d’une des 21 missions que les Espagnols fondèrent entre 1769 et 1823 en Californie. Celle-ci date de 1770, c’est donc l’un des premiers établissements franciscains sinon le premier. Il faut savoir que de la Californie au Mexique, sur la côte, les trois ordres se partagèrent successivement les installations. Du nord au sud, les franciscains, puis les dominicains, enfin au Mexique, les jésuites.

 La Mission San Carlos évangélisera les amérindiens des tribus alentours qui seront employés comme laboureurs ou artisans et construiront l’église et les bâtiments. C’est un haut lieu touristique de la région. Une école et deux musées jouxtent l’église. Le dimanche de notre arrivée, la messe bat son plein et les croyants prient et chantent jusque devant le porche de l’église. A l’entrée du musée se trouve le cénotaphe du père Serra, fondateur de la Mission. Le cloître existe toujours, très simple mais d’une surface équivalente aux cloîtres des abbayes que nous a laissé le moyen-âge en Europe. Plus loin, une succession de salles nous révèle la vie des missionnaires. Les murs peints de couleurs vives et de frises florales naïves nous rappelle les civilisations indiennes ou mexicaines d’origine. Dans la cour une plaque, offerte par les français, commémore le débarquement de La Pérouse dans la baie toute proche. Il est le « découvreur » français de l’endroit puisque Cook n’y est pas passé. Il décrira les Missions et rédigera des notes sur le traitement des amérindiens.

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