La rafle de Roselyne Bosch

5 avril 2010
Avec Mélanie Laurent, Gad Elmaleh, Jean Reno

Pouvoir mettre des images sur cette page sombre de notre histoire récente, voilà le premier intérêt de ce film. Des images très émouvantes et qui marquent d'autant que l'on sait que la réalisatrice, Roselyne Bosch a utilisé des sources documentaires recoupées, absolument vérifiées. Aucun autre film n'avait traité le sujet en tant que tel jusqu'à maintenant.

L'accumulation de faits réunis dans une même œuvre en fait un assemblage qui n'est pas la réalité vue ou ressentie par chacune des victimes ou chacun des témoins de ce drame. Néanmoins, c'est la vertu du cinéma d'aller plus loin que la réalité tangible perçue pour atteindre une vérité plus grande, plus objective.

Soyons francs, le tout début du film hésite et on a du mal à admettre en particulier les images qui montrent Hitler et son entourage en parallèle à la tragédie qui se joue. Les acteurs ne sont pas convaincants. Pétain et Bousquet à Vichy le sont davantage. On comprend bien la nécessité de montrer tous les niveaux de responsabilité dans cette folie et comment faire autrement ?

Mais très vite, nous sommes plongés dans l'histoire de ces pauvres gens et l'émotion commence à monter avec quelques moments très forts -et parfois à la limite insoutenables- comme la reconstitution du Vélodrome d'Hiver ou les évènements qui suivirent jusqu'à la déportation finale dont aucun enfant, ne l'oublions pas, n'est revenu.

Jean Reno et Mélanie Laurent jouent juste, avec retenue et beaucoup de sensibilité et Gad Elmaleh campe de manière crédible un personnage qui exprime l'une des clés quant à nos interrogations : pourquoi de si nombreux juifs ont-ils fait confiance à la France dont l'Etat était devenu pour eux le bras armé des nazis ? Pouvaient-ils imaginer le génocide à venir ?

Malgré quelques maladresses, un film qui laissera des traces dans notre conscience, car la bête immonde est toujours tapie là, quelque part, si près...

Dans le fond de la salle où nous étions, à Château-Thierry, de très jeunes filles se sont mises à glousser puis à avoir le fou rire, vers la fin du film qui montraient pourtant des moments terribles... sans doute, la bêtise. Dans bêtise, il y a bête.

Claude et Michèle David

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