09/12/2009 Micmacs à Tire-Larigot contre Lucky Luke.

09 décembre 2009
Claude & Michèle David


Micmacs à Tire-Larigot contre Lucky Luke.

Deux films qui attirent en grande partie et à priori un public plutôt jeune. Mais dans les salles, un petit coup d'œil circulaire découvre aussi un public âgé pour Micmac et qui a voulu revoir Dany Boon de « Bienvenue chez les ch'tis » et moins surprenant, un public de quadra et quinqua sur Lucky Luke, nostalgiques de la B.D.
Donnons le résultat du match tout de suite. Gagnant : « Micmacs ».

On se dit depuis « Tintin et les oranges bleues » qui fut de mémoire la première fois où l'on adaptait une B.D. populaire au cinéma, qu'on ne nous y reprendrait plus. Un personnage de bande dessinée a sa vie propre, son allure, son caractère, son rythme. Il ne peut être que trahi par son incarnation au cinéma.

C'est aussi le cas de ce pauvre Lucky Luke, joué par Dujardin. Bien sûr James Huth, soutenu par ses acteurs affirme qu'il a voulu s'éloigner du cartoon et donner de l'épaisseur à son personnage. C'est aussi l'une des faiblesses du film qui hésite entre la copie conforme des personnages et du décor des albums -ce qui nous ennuie un peu, comment faire mieux ?- et leur humanisation qui trahit les idées de Morris, les puristes ne pardonneront pas.

Jean Dujardin, depuis la série télé qui l'a fait connaître, n'a pas joué, hélas, dans de bonnes comédies. Brice de Nice (déjà de James Huth) ou OSS 117, nous ont fait sourire, sans plus. Mais surtout, ça été des films sans histoire. Des films plein de coups d'œil, c'est le cas de Lucky Luke qui nous amuse un peu avec ses plans à la Sergio Leone. Mais une suite de gags ne fait pas un film.

Dany Boon a fait un meilleur choix pour Micmacs à Tire-Larigot. Il y a une histoire qui tient debout avec un fond. Les personnages sont attachants et tendres (rien de cela dans Lucky Luke, à part peut-être Sylvie Testu en Calamity Jane). L'univers de Jeunet possède une puissance poétique bien à lui et mine de rien, le film, en rigolant, dénonce tout de même les marchands d'arme, c'est toujours ça, qui peut être contre ? Et précisément, quand au sens, le hasard fait que la fiction rejoint la réalité, car l'Angola gate ressort ces jours-ci dans l'actualité.

Proposons une grille de lecture provisoire. Un bon film (même si c'est une comédie) :
1) On ne s'y ennuie pas. (les deux films durent 1 h 44, Lucky Luke paraît bien plus long)
2) Les personnages dégagent une vérité, une humanité.
3) Il reste quelque chose dans nos têtes après coup.

Lucky Luke = 0, Micmacs = 3

Claude et Michèle David

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