VENDANGES A CROUTTES (2016)

VENDANGES A CROUTTES 2016

(chez Aymeric David, SCEV Les Fortes Terres)

Printemps pourri, été caniculaire

Eh bien oui, qui l’eût dit ? Déjà les vendanges en cette mi-septembre ! Au printemps, rappelez-vous ce printemps pourri, cette pluie qui n’en finissait pas… La vigne n’avait pas eu sa fleur sous un beau soleil, c’était vraiment mal parti. Les vitis craignaient de ne pas mettre grand-chose dans les paniers !

Et on projetait la date des vendanges pour fin septembre. Tellement probable avec ce temps de chien que votre serviteur avait pris un rendez-vous médical pour le 16, sûr que ça ne tomberait pas pendant les vendanges.

Et puis finalement cet été incroyablement chaud a changé la donne. On a vite compris qu’il ne fallait pas rogner la vigne trop vite et court car le soleil grillait les grains découverts. Les mesures réalisées ne laissaient plus de doute, on commencera donc jeudi 15.

Jeudi 15 septembre

 

Carole se fait remarquer

Tout le monde est là ce matin pour le premier jour. Tout le monde… sauf Carole et ses deux passagers ! Finalement l’équipage s’en va sans eux, elles rejoindront dès leur arrivée, après avoir signé les contrats. Carole, postulerais-tu déjà pour une marche du podium ? * (voir bas d’article)

C’est parti, et bientôt la pluie s’invite, juste pour baptiser ce début de vendanges. Le raisin ne s’en plaindra pas et la terre, sèche depuis des semaines, aspirera l’eau du ciel qui a bien choisi son jour !

Tout le monde sur le podium !

Après déjeuner, Aymeric prend le fourgon pour faire un aller-retour au pressoir en disant bien haut pour toute l’équipe : « Ne partez pas tout de suite, attendez que je revienne avec le camion, dans 5 minutes ! »

Alors pourquoi à 13 h 30, heure du départ, tels des robots ou des moutons de Panurge, l’ensemble des vendangeurs s’engouffrent dans les véhicules disponibles ? Mimi en prend quatre dans la Xantia et fatalement il en reste encore deux sur le pas de la porte, tout perdus…

Quand peu de temps après Aymeric arrive avec la camionnette, il pique une petite colère pour les deux seuls à avoir finalement obéi : « J’avais bien dit pourtant de m’attendre !!! Surtout que c’est moi qui ai les sécateurs et les seaux ! »

Bon, Claude est là pour ramener les deux brebis égarées et tout le matériel. « On n’est pas à cinq minutes non plus ! » conclut Aymeric qui redescend en pression aussi vite qu’il monte…

Bref, qu’est-ce qu’on fait ? On en met vingt sur le podium ?*

Vendredi 16 septembre

Esprit solidaire

J’ai un peu de mal à vous raconter cette journée passée pour moi à la clinique où je dormais pendant que tout le monde travaillait.

Mimi a dû se débrouiller seule pour l’intendance. Mais on a l’esprit solidaire dans cette maison, les jeunes ont donné un coup de main.

On avait prévu d’aller couper samedi matin mais la décision n’était toujours pas prise en fin de journée car il a fallu calculer notre coup afin que l’on n’ait pas un jour sans travail au milieu de la semaine prochaine en fonction du mûrissement.

On a donc mesuré le degré de quelques pièces au réfractomètre, des pièces sur lesquelles nous avions des doutes.

Finalement on se résout à ne reprendre que lundi.

Allez, on le dit aux coupeurs présents et on prévient les autres par téléphone. Demain samedi : grasse matinée, une pas trop mauvaise nouvelle !

Samedi 17 et dimanche 18 septembre

Week-end tranquille

Repos pour tous ! réveils tardifs avec léger mal de dos (normal), bla-bla autour d’un café et pendant l’épluchage des carottes et des pommes de terre, un peu de ping-pong pour les sportifs, découverte de la fête médiévale à Château-Thierry pour d’autres.

Karine au pressoir

Avec son amie Angélique, c’est elle qui s’occupe du pressoir coopératif du village comme l’an dernier après la défection du comptable habituel. Elles se relaient toutes les deux pour pouvoir également être présentes dans les parcelles, au moins pour l’organisation du travail.

Cette année, Karine ne sera pas aussi vive que les années passées avec sa béquille, et une jolie entorse au pied, dur, dur.

Lundi 19 septembre

Ils nous manquent !

Beau temps pour cette reprise, tout le monde sur le pont ! On a une pensée pour des habitués qui n’ont pas pu être là, Laurent de Pavant qui a très mal au dos (et on sait que c’est pas du cinéma car c’est un courageux !), Farouk qui est en stage pour son travail et qui est venu gentiment nous saluer, Philippe qui commence un nouveau travail à Château-Thierry et Marco (toujours de bonne heure et de bonne humeur !) qui nous donne de bonnes nouvelles de Normandie où il a trouvé l’amour, du travail, un logement et donne le bonjour à tous, avec un peu de regret de ne pas être ici avec nous…

Mardi 20 septembre

Panne au pressoir ?

Aymeric court partout : il y a une panne d’ordi au pressoir, c’est évidemment lui qu’on appelle, car son deuxième métier, l’infographie, en fait un peu le spécialiste de l’informatique.

Fausse alerte, c’est un problème d’ampérage, allez, c’est reparti !

Le soleil est toujours présent, formidable !

Mercredi 21 septembre

Les fi-filles

Luane, bientôt 10 ans, va faire un tour dans les vignes de papa, quel plaisir de couper quelques grappes comme les grands ! Naomi, avec le collège n’aura pas ce privilège faute de temps et Mia, la dernière (5 ans) reste avec papy-mamie à la maison.

Il y a une autre fi-fille qui n’est pas là et qui aimerait y être : Christèle, la sœur d’Aymeric, qui vit en Californie avec sa petite famille. Malheureusement, elle est prof et n’aura jamais de congé à cette époque là ! Les vendanges, elle a connu, elle nous en a amené des copains et des copines !

Jeudi 22 septembre

Quota pas quota ?

Aujourd’hui, c’est le dernier jour ! On se rencarde auprès des collègues : où en sont-ils, eux ? Certains finissent, d’autres vont commencer, certains ont eu des vignes gelées, d’autres du raisin pas encore mûr et il leur faut arrêter pour reprendre ensuite.

Chez nous, ça se passe bien, on craint seulement de ne pas faire le quota à 9700 kg l’hectare et d’être obligé de puiser dans la réserve (8000 kg mis de côté mais qu’on voudrait garder pour une année très difficile toujours possible (gel, grêle…). Le suspens va durer pratiquement toute la journée car les dernières pièces qui n’étaient pas assez mûres il y a quelques jours, on compte sur elles mais auront-elles eu le temps de prendre du degré ?

Les « Vignes à Delair » et la « Fontaine de Montclère »

Ce sont deux petites parcelles qui ont en commun d’être mûres généralement dans les dernières.

Elles ont aussi en commun d’être bordées d’arbres, de bois, l’une plantée en Pinot, l’autre en Meunier.

C’est par ces pièces que l’on terminera, comme souvent.

La glane

On ne peut pas les ignorer, les vendangeurs de notre société ! Les véhicules sont décorés, 4L en tête, et ça klaxonne à tout va, et ça crie, ça chahute. A peine les portières ouvertes, on voit courir Héléna suivie par Vitor, torse nu, une bouteille d’eau à la main, puis Damien, avec les mêmes intentions, ça s’arrose, ça rigole, photos, photos !

On se retrouve comme d’habitude pour la photo de groupe, toujours au même endroit dans la cour, devant la maison. On place deux chaises pour nos anciens, 96 et 94 ans (Gaston et Rolande), qui ne peuvent plus nous aider maintenant –bien qu’en forme- mais qui suivent les évènements et nous encouragent.

C’est le moment du podium, voici mon petit mot :

« Cette année 2016 ne s’est distinguée en fait par aucun accident, ni incident notable, pas de grosses frayeurs (n’est-ce pas Sylvie ?) pas de grosses erreurs, pas d’énormes bêtises et dans le fond : tant mieux ! Bien quelques petites mesquineries, quelques petites vacheries, mais c’était pour rire et on oublie ! J’ai eu la très mauvaise idée de demander à tout le monde de voter, avec des résultats très surprenants. J’ai donc fait recompter les voix par le « comité Bongo » et voilà le résultat très démocratique :

Contrairement à l’usage, nous allons commencer par la marche la plus haute. Par 11 voix, sans doute parce que ses émissions ont été parasitées par un mal de gorge prononcé, sur la 1ère marche, j’ai nommé : « Carole F.M. »

Ensuite, deux ex aco, Mimi et Fanny. Le Comité a choisi Mimi parce qu’elle en meurt d’envie et je la rejoins par solidarité, y’a pas d’raison qu’on soit pas enfin sur la photo !!! »

Solidarité

Un copain viti vient de tomber en panne de tracteur, ni une, ni deux, Aymeric prête son matériel. On se rend service, on a toujours besoin des autres, ça, c’est bien, sympa, sans arrière pensée !

Champagne !

Tout le monde se retrouve autour des tartes aux pommes maison de Mimi et d’une coupe de champagne Collet, la plus ancienne coopérative de champagne née des révoltes des petits vignerons au début du XXème siècle (la Coopérative Générale des Vignerons), où va une grande partie de notre raisin. Karine en profite pour annoncer la bonne nouvelle : le quota a été atteint et même dépassé !

On applaudit et Aymeric ajoute :  « Si on a fait le quota, c’est aussi grâce à vous ! »

Vendredi 23 septembre

Jamais fini !

Nos quatre amis portugais sont partis ce matin chez d’autres viticulteurs pour encore quelques jours de vendanges. Les uns nourris matin, midi et soir, les autres reviendront à la maison pour se sustenter.

Ce matin, début du rangement, nettoyage, au boulot Claude, Mimi, Ju-ju, Lauriel. On en laissera un peu pour Sylvie qui se repose aujourd’hui mais qui sera fidèle au poste dès lundi.

Au-revoir et à l’un prochain !

Que vous connaissiez « les Fortes-Terres », amis ou anciens participants, lecteurs curieux de Basdelaisne, n’hésitez pas à mettre un petit mot !

Texte & photos : Claude David

*Le podium : ou  le podium « à l’envers » met à l’honneur les 3 plus maladroits ou malchanceux, ils ont fait ou dit une bêtise, ils peuvent en être fiers !!! Et bien sûr la plus haute marche pour le plus méritant (l’an dernier Sylvie qui avait pris une mauvaise route avec la 4L et eut la peur de sa vie en se voyant reculer vers le ravin…

Commentaires (3)

1. roselyne pineau 17/11/2016

j ai lu avec attention le déroulement des vendanges
cette année nous n'avons pas participé à notre niveau en vous aidant à l'intendance
mais nous étions avec vous par la pensée .
je vois que d'après les photos il y a toujours une bonne ambiance malgré le
travail qui n'est pas caché dans les vignes
notre meilleur souvenir à tous ceux que nous connaissons plus particulièrement
karine aymeric les filles mimie et claude

2. DAVID Claude 10/11/2016

Aucun commentaire ! c'est parce que la page avec les photos sont arrivés si tard ?

3. Leïla 08/11/2016

Salut la compagnie !

Merci pour ce charmant retour sur les vendanges.
C'est chouette de re-lire ces quelques jours chez vous !
Mais il manque une photo ! Celle de la grappe de raisin écrasé sur les têtes des nouveaux !

Je garde de beaux souvenirs de vous tous.
Et si j'ai voté pour Karine sur le podium c'était par empathie pour son pied que j'ai vu gambader dans les vignes avec les béquilles. Je sais combien il est frustrant d'être immobilisé mais je crois que ça ne nous arrive pas pour rien. Le corps est un allié qu'on écoute trop peu. Alors que tout en lui nous dit comment nous allons.

Bises à tous

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