Vendanges 2010

 


Pour la 3ème année, retrouvez l'ambiance des vendanges aux Terres fortes à Crouttes-sur-Marne !
Textes et photos de Claude David !
(suivez cette chronique au jour le jour : les articles se suivent par ordre chronologique.....)


Page 1 /  1er au 4ème jour

Crouttes-sur-Marne

Premier jour : samedi 18 septembre

 Raisins blancs : urgence ! Il est rare, et même les plus anciens ne se rappellent pas de la chose, que le raisin blanc soit mûr avant le noir. Grande première donc, le blanc est à prendre tout de suite, il dépasse bien les neufs degrés requis.
Du beau raisin en quantité, urgent !

 Manger, bouger.fr
Premier casse-croûte des vendanges, toujours le même « délire » : au moment du dessert (de belles pommes), les trois quarts de nos amis vendangeurs se ruent sur le café et enchaînent sur la cigarette. Bilan santé : pas terrible, heureusement qu’on a l’exercice !

 Cette année, pour la première fois, l’intendance est confiée à Mimi et Claude, les parents d’Aymeric, passés du côté de la retraite. C’est un peu dur pour eux de ne pas aller couper le raisin avec l’équipe.

  Une revenante
Aujourd’hui, la balance a donné 7801 kg, le patron est satisfait ! Et Chloé apprend qu’un bon coupeur ramasse 5 à 600 kg par jour. Tiens ! Chloé ! Quelle surprise ! Une revenante… Elle était déjà là au XXème siècle, c’est dire ! Chloé, notre grande voyageuse nous revient après deux ans passés à Belfast en Irlande du nord. Elle a déjà été plus loin : Australie, Inde, Mongolie…
Certains d’entre nous se rappellent ses jongleries avec des torches enflammées, ses duos de violoncelle avec Johanna l’autrichienne, une autre vendangeuse.

recommandations de mère à fils  Les majorettes
Ce soir, première « virée » de quelques vendangeurs, les deux Julien, Alfredo, Sylvie et sa petite famille… Les majorettes sont à Pavant : après cette première journée de travail, ils sont épuisés mais ont encore la force d’aller voir… les majorettes ! Elles n’ont pas que de belles cuisses, les majorettes, elles ont bon dos Demain dimanche, la vendange continue, tout le monde sera là, pas de journée de repos dominical, ils sont courageux quand même nos « coupeux d’r’sin » !


deuxième jour :dimanche 19 septembre

 Un beau dimanche, frais le matin mais finalement bien ensoleillé. L’équipe est au complet, ne manque que le beau Pascal. Vous vous souvenez ? Celui qui, comme dirait Jacques Séguala a réussi sa vie, puisqu’il a la Rolex mais aussi tout ce qui va avec, et depuis bien des années…

 Pascal moustachu
Le voilà, le voilou, Chloé attendait avec impatience de pouvoir le titiller un peu, il apparaît, pourvu d’une improbable paire de bacchantes, et ça y va les vannes !
-Ah, demain, Pascal, t’es débardeur, tu commences une heure plus tôt, réveil à cinq heures, on t’avait dit ?
-Mais oui, mais oui…
  -T’as pas vu Denis, il est parti se coucher plus tôt, c’est pour ça.
-Ah bon ? j’croyais c’était de la blague ! Il va falloir que je me lève vraiment de bonne heure, le temps d’une douche, de me parfumer...
-De mettre de la crème anti-ride…
-Le dentier dans le verre…
Bon, vous avez compris, le ton est donné, demain ce sera la « saint Pascal »

 Julien en fait un fromage
Un autre Julien dans l’équipe, facile à reconnaître de l’autre Julien, avec ses tresses rasta. Il s’étonne le deuxième jour qu’on lui propose le même fromage que la veille. Réponse de la maîtresse de maison :
-non seulement c’est le même, mais les jours suivants, ce sera encore le même, jusqu’à la fin des vendanges !
On lui précisera le soir qu’en fait, ce n’est jamais le même fromage car, comme c’est du camembert, il « évolue » !!!
Ce sont des remarques bien innocentes des nouveaux vendangeurs, toujours un peu étonnés de n’avoir pas un menu gastronomique chaque jour… mais personne ne se plaint du repas d’habitude, que ce soit des plats « maison » comme des plats préparés. C’est toujours bon, frais et en abondance.

Julien le nouveau  Deux Marc pour le prix d’un !
Un nouveau vendangeur arrive par la « filière Alfredo » qui relie Isle-les-Meldeuses à Crouttes, essentiellement par voie de mobylette ou de scooter. Il s’appelle Marc. On nous signale un autre Marc, pas encore prêt pour les vendanges, et beaucoup plus petit : le petit Marc de Sissi, une vendangeuse fidèle qui n’est pas là cette année pour cause de naissance du petit Marc précité !

Hugues ou la difficulté d’être différent
Hugues (ou Hugo) est un petit bonhomme aux cheveux blancs qui pour user d’un euphémisme, n’est pas au top de ses capacités. Il parle tout seul, il fait répéter ce qu’on lui demande, il ne comprend pas tout, un peu dans ses rêves. Mais c’est un bon bougre pas fainéant, et qui fait ce qu’il peut. Seulement voilà, on est parfois un peu dur avec lui, on se moque un peu, on lui reproche ses difficultés comme s’il y pouvait quelque chose. Monde d’intolérance. Hier, ce genre de garçon trouvait sa place dans la société, aujourd’hui c’est bien plus dur, les places sont chères, les plus défavorisés d’entre nous se retrouvent sur la touche et évidemment c’est injuste. Il y a bien sûr des lois. N’empêche. Il n’y a pas de lois contre la méchanceté. Pourquoi Hugues, il y a quelques années avait un métier –il nettoyait des automobiles- et l’a perdu ? Parce que ses petits camarades le rejetaient, notamment en lui faisant des petites blagues, bien usantes, bien décourageantes, comme de mettre du sel dans son café par exemple. Maintenant, il ne travaille plus. Merci à Aymeric et Karine de le faire travailler un peu.

Deux filles dans une caisse
Aymeric se souvient quand son grand-père le mettait « le cul dans une caisse » sur la remorque, derrière le tracteur. A son tour et non sans une certaine nostalgie, Aymeric fait la même chose avec ses deux filles. Luane était très fière mais Naomi a eu un peu peur, elle a préféré redescendre.

Les enfants dans la vigne
Dimanche, belle occasion puisque c’est un jour de vendanges pour les enfants d’aller voir papa et maman et toute l’équipe en plein travail ! Quel bonheur aussi d’aller au pressoir chercher du jus de raisin pressé et de pouvoir en boire…


3ème jour : Lundi 20 septembre

Denis en force !
Denis, jeune retraité Denis est un jeune retraité de 60 ans, il a passé une grande partie de sa carrière à l’éducation nationale et ces dernières années au collège des Glacis à la Ferté-sous-Jouarre où nous avons fait connaissance. Il était l’homme indispensable, celui qui manie aussi bien la truelle que le fer à souder, celui qui rétablit, installe, monte et répare. Egalement celui qui discute avec l’élève malheureux, le puni… et qui l’emmène travailler avec lui. Et le gamin en était toujours content. Aujourd’hui, Denis est l’un de nos débardeurs. Ce sont ses premières vendanges.
Le premier jour, il a dit : -C’est raide, quand même !
Le deuxième jour, c’était : -Maintenant ça va, c’est juste un coup à prendre.

  Choisir les pièces à récolter
Cosette transporte du jus de raisin du pressoir Pas facile de choisir l’ordre des pièces à récolter. C’est évidemment différent d’une exploitation à l’autre. Plusieurs éléments sont à prendre en compte. L’état de mûrissement du raisin est l’élément primordial. Hors de question de cueillir une pièce dont le raisin n’a pas atteint le degré requis. Autour de 9°. Tenir compte de celles qui risquent de pourrir, les prendre d’urgence en triant les grappes, parfois en coupant la partie touchée pour la rejeter. Ensuite, tenir compte du risque de pluie s’il existe. Une parcelle argileuse sera impraticable et d’accès difficile s’il a plu. Enfin, une exploitation rationnelle et économique veut que l’on regroupe les pièces du même secteur pour éviter les déplacements inutiles qui sont autant de temps perdu. Souvent, c’est un casse-tête et il faut se concentrer à plusieurs pour trouver la solution optimale. Ce soir, on a été chercher un panier de raisin de chaque pièce pour mesurer le degré avec un réfractomètre (appareil que l’on trempe dans le jus et qui indique le degré dans un viseur). 

Départ dans la brume Les embrouilles
Il y a des jours comme ça ! Trois débardeurs pour deux places, il y a un problème ! Finalement, c’est le beau Pascal qui laisse la place à Julien, et décide de repartir dans ses pénates car il n’a pas envie de couper du raisin. Un adjudant-chef qui retourne 2ème classe, ça le fait pas ! L’histoire a fait un peu d’embrouille mais tout s’est terminé sans problème même si un peu d’énervement a flotté dans l’air. 

La cour d’école
-J’veux plus me mettre à côté de lui !
-Y laisse des grapillons !
-Elle avance pas !
Aymeric et Karine, déjà sollicités de toutes parts, ont été un peu fatigués de l’ambiance d’aujourd’hui. Demain sera un autre jour. Est-ce que la fatigue physique commencerait à se faire sentir ?

Quatrième jour : mardi 21 septembre

Julien dit Le retour du tracteur Du bleu partout ! 
Comme c’est curieux, aujourd’hui, les gendarmes sont aux carrefours des chemins de vignes. Font-ils la circulation dans les champs, ces temps-ci ?

Non, c’est un contrôle de la M.S.A. (mutualité sociale agricole) renforcé par la gendarmerie nationale. L’équipe d’Aymeric est contrôlée : nom, date et lieu de naissance. Tout se passe avec le sourire, tout le monde chez nous est en règle.

Marco en tête ! Coups de soleil
Beau temps aujourd’hui sur la planète vignoble de Crouttes ! Très beau temps et bonjour les coups de soleil. Mélissa, Chloé, Karine, Julien ont été frappés des rayons de l’astre solaire, Jolis tatouages roses.

Mélissa marche au chocolat
Mélissa (16 ans) avait bien du mal aujourd’hui et pour l’encourager, on lui a promis que si elle était capable d’arriver au bout du rang la première, elle aurait droit exceptionnellement à un chocolat chaud. Eh bien, elle a réussi ! Comme quoi même la simple idée du chocolat serait énergétique… Elle aura donc son chocolat demain, offert par Karine. Grande gamine !

 

 

 

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