Claude et Michèle David : « L’échange » de Clint Eastwood, avec Angelina Jolie et John Malkovitch
Il n’a pas eu la Palme d’Or tant espérée à Cannes, raflée par « Entre les murs », à la grande déception du grand Clint, qui était passé à côté en 2003 pour « Mystic River ».
Et pourtant c’est encore un grand film, un film dur, réaliste, d’après une histoire vraie.
Elle raconte l’histoire d’une mère célibataire américaine qui subit la disparition de son fils âgé de neuf ans. Nous sommes dans les années 20 et l’action se déroule en pleine pré-grande crise et au-delà.
La police et l’administration de grandes villes américaines comme Los Angeles sont corrompues et être une femme seule dans ce monde n’est pas simple…
Elle se bat courageusement, un pasteur viendra la soutenir dans son combat (Malkovitch) devant une injustice criante qui la touche dans sa chair : la disparition de son fils.
On se dit : l’Amérique d’avant guerre, c’est un peu la Russie d’aujourd’hui : droits des femmes bafoués, hôpitaux psychiatriques pour les déviants ou ceux qui gênent, démocratie rongée par la corruption.
L’ami Clint ne fait pas dans la dentelle, à 78 ans, il s’en fiche. D’ailleurs, il a toujours fait ce qu’il voulait même contre l’avis des grands studios, contre Hollywood. Et ses paris sont réussis, sans la Palme de Cannes, il aura tout de même été oscarisé et ce n’est sans doute pas fini. Car beaucoup de critiques dans le monde entier et dans son pays, et surtout le public, reconnaissent en lui un des meilleurs metteurs en scène de notre époque. Un style sans concession, une volonté de toucher et la compétence, le feeling pour y arriver.
Claude et Michèle DAVID
1er Novembre 2008
Qui peut le mieux parler d’un film pour enfants qu’un enfant lui-même ? La jeune Louise s’adresse aux enfants en priorité, mais les adultes accompagnants pourront prendre aussi du plaisir à voir ce film sympathique, et en plus s’ils aiment Cali… ! Claude David « Magique ! » France, comédie dramatique de philippe Muyl avec Marie Gillain, Cali et Antoine Duléry
Une critique de Louise Gourdelier...9 ans
Un petit garçon de 10 ans vit dans une maison à la campagne avec sa maman et un jour, en allant à l’école, il trouve des gens sans maison et décide de les emmener chez lui…
Il n’a jamais connu son père et imagine que son père est cosmonaute, sa mère essaie de lui dire la vérité.
Les personnages principaux sont Tommy (l’enfant), Betty (la maman) et Cali (le clown).
Le film est drôle et amusant même si le début est triste, à la fin c’est gai, il y a des chansons. Ce qui m’a plu, c’est quand le cirque s’est installé chez eux et que tout le monde chantait. Cali chante beaucoup de chansons et fait rire tout le monde.
Les acteurs jouent très bien.
Pour les enfants à partir de 5 ans.
Louise Gourdelier (9 ans) Crédits photos : Claude David
25 octobre 2008 Claude David« Entre les murs » de Laurent Cantet
J’ai été enseignant de collège avec des élèves difficiles dans une autre vie, le film de Cantet m’a rappelé des souvenirs, c’est dire !
Excellent film qui montre bien les incompréhensions entre ces jeunes « brut de décoffrage » et notre monde enseignant, un autre monde pour eux…
Les jeunes sont frais, vifs, marrants… il n’y a pas d’histoire à proprement parler, c’est une chronique. Mais mieux qu’un documentaire, par la magie du cinéma et de ses ellipses, il va au cœur de la vérité. Croyez-moi sur parole, c’est comme ça, vraiment.
Le Nouvel Obs a laissé donner leur avis à 6 profs qui l’ont déclaré « nul », Bégaudeau ne serait pas un bon pédago. Il fait ce qu’il peut, avec passion (dans le film et sûrement dans la réalité) et la sincérité vaut souvent mieux que la posture avec ces jeunes plus fins qu’ils n’y paraissent !
Alors, d’accord avec le jury de Cannes, je lui donne la Palme d’Or.
Claude David
Le 25 octobre 2008 Claude & Michèle David
« La Cliente » Film de Josiane Balasko, avec Nathalie Baye
Voilà un film dont le sujet peut faire hésiter… ne va-t-on pas tomber dans la complaisance ou même dans le glauque ?
Eh bien, non. Avec un sujet aussi délicat, la prostitution de jeunes garçons pour des « clientes » d’âge mûr, les risques étaient évidents.
D’abord, ce fait de société n’est pas nouveau et un voile pudique l’a dissimulé longtemps aux yeux du grand public.
Si l’on n’est pas parisien, on peut ignorer des lieux comme La Coupole, dont la réputation n’est pas seulement artistique, lieu de rendez-vous de ses dames avec les « gigolos ». Mais la télé a cyniquement et copieusement donné la parole à un certain italien dont nous n’avons pas envie de citer le nom, (pourquoi faire de la publicité à ce type que nous trouvons répugnant ?) et nous voilà tous au fait de ces pratiques.
Revenons à nos moutons, dont un ou deux ne sont pas des agneaux de la première heure… Les personnages sont crédibles, sonnent vrais, ne sont pas outrés mais bien au contraire, très humains, très proches en fait des gens ordinaires, même si l’on navigue régulièrement entre des milieux très différents.
Chapeau aux acteurs et à leurs directeurs pour avoir donné cette dimension, cette profondeur.
L’histoire montre des êtres complexes, avec leurs doutes, leurs craintes. Le personnage incarné par Nathalie Baye est sans doute le plus émouvant, sa sincérité et sa fragilité nous touche. Le scénariste a néanmoins bien fait d’intégrer sur un sujet finalement plutôt grave, deux personnages totalement dissociés à priori du drame, celui de la sœur de la « cliente », interprétée par Balasko (totalement décalée et assez bien dans son registre habituel) et celui interprété par Isabelle Carré, innocente touchée de plein fouet par une réalité à laquelle elle n’était vraiment pas préparée.
Et je viens te parler aujourd'hui d'un film tout fraichement sorti sur nos écrans, "Coluche, l'histoire d'un mec" réalisé par Antoine De Caunes. Un film évènement qui promettait de nous faire revivre quelques moments clés de la vie de ce grand humoriste devenu culte, en l'occurence, l'annonce de sa candidature aux élections présidentielles de 1981 avec tous les enjeux que cela a pu entrainer...
Petit retour en arrière, cher lecteur, souviens toi du tout début des années 80 où Valéry Giscard d'Estaing régnait, où Raymond Barre tenait les cordons de la bourse, où le chômage était encore marginal, où le SIDA n'existait pas et où toute la France dansait sur le mythique "Saturday Night Fever"etc... Moi, j'avais une douzaine d'années et je me souviens très bien de ce "troublion", de cet "empecheur de tourner en rond" que représentait Coluche.
Revenons en au film: l'histoire s'attache à relater preque jour par jour la candidature de Coluche lancée au début comme une farce mais quipris une ampleur inattendue au fil des mois... jusqu'à devenir dangereuse, notamment pour le candidat Mitterand. Le jeu de l'acteur François Xavier Demaison dans le rôle de Coluche est bluffant! Il y a là une véritable ressemblance avec notre défunt comique! On y retrouve tout l'univers un peu déjanté des journaux Charlie Hebdo, Hara Kiri, toute la bande qui accompagnait Coluche au quotidien, motards et autres amis, les soirées à n'en plus finir où le champagne coulait à flots... Le film s'arrète au soir du 10 mai 1981 avec l'avènement de la gauche au pouvoir... et nous laisse sur notre faim...Et oui, en somme, j'ai trouvé le film intéressant, un peu nostalgique de cette époque où tout était encore permis... Mais voilà, un peu poussif malgré tout, comme s'il manquait un brin d'humour... comme si la carrière de Coluche s'arrêtait là, alors, que tu le sais tout comme moi, les Restos du Coeur sont une étape encore bien plus marquante dans la vie de Coluche! Sans oublier tous ses films, ses émissions etc...
L'intérêt de faire une critique à deux, c'est évidemment de pouvoir confronter nos points de vue. La plupart du temps, nous sommes assez d'accord sur -disons- la qualité d'un film. Et nous livrons à Basdelaisne l'ensemble de notre réflexion.
Pour ce film, globalement, nous n'étions pas d'accord. Monsieur a fait la fine bouche, Madame a plutôt aimé. Il semblerait, au vu du nombre d'entrées que Michèle soit en accord avec les spectateurs qui semblent plébisciter le film.
En tout cas, le sujet nous a intéressé car nous en parlons encore trois jours après !
A vous, chers lecteurs, de faire le tri dans nos observations, qu'elles soient positives ou critiques !
Il s'agit ici d'une chronique au fil du temps (beaucoup de flash-back) d'une famille de petits bourgeois, avec ses joies et ses peines. Dans nos familles, nous avons du mal à communiquer et nous disons que nous nous aimons quand arrivent des catastrophes, quel dommage ! Famille, je vous hais, mais j'ai tellement besoin de vous ! C'est un peu la morale de l'histoire...
Somme toute, cette famille (Zabou et Gamblin sonnent très justes) n'est pas la vôtre (c'est aussi ce qui peut déranger) mais elle y ressemble forcément par quelques côtés et globalement elle s'inscrit bien dans l'époque. En tout cas, les personnages sont cohérents et ont une véritable épaisseur.
On peut voir le film également comme une suite de sketchs, dont certains un peu graveleux, mais tant pis, on se surprend à rire. Un peu l'humour sans complexe de « Mary à tout prix », ce qui devrait séduire aussi un public jeune.
Nous avons trouvé le montage parfois chaotique, et inutile les encarts -panneaux avec dates- un peu lourds et superflus, mais dans la logique du film, comment faire autrement ?
Nous nous retrouverons sur la conclusion : un film qui pose des questions, où l'on a des émotions, le titre nous a dérouté (c'est la chanson connue d'Etienne Daho) et si nous proposions tout bêtement : « C'est la vie » ?
L'un de nos films français préférés de la saison ! Catherine Frot et Vladimir Yordanoff se retrouvent dans un problème familial bien éloigné d' « Un air de famille »...
Pas facile de parler du sujet sans le déflorer, ce que, quand nous sommes nous-mêmes lecteurs de critiques ne supportons pas ! Sachez alors seulement que les deux actrices féminines nous donnent une remarquable interprétation autour du thème de la maternité, de la filiation... On est tenu en haleine comme dans l'inoubliable « Ne t'inquiète pas, je vais bien » car on ne sait que croire, qui croire ? On s'interrogera une partie du film, finement mené, bien construit. Mais surtout on sera ému par la sensibilité et la justesse apportées aux deux principaux rôles féminins.
Un prime aux enfants-acteurs dirigés pour être naturels et convaincants.
Ne pas louper les quelques mots sur l'écran à la toute fin du film qui nous donnent une indication importante.
Un beau film qui remporte les suffrages de vos deux critiques réunis !
Claude et Michèle David
20 août 2008 Claude & Michèle David Sur nos écrans à Château-Thierry : « Wall-e » studios Disney, Andrew Stanton
Wall-e (prononcer « ouali » pour avoir l'air dans le coup) est un petit robot qui n'est pas sans rappeler E.T. physiquement et psychologiquement si l'on peut dire d'un robot. Le film plaît aux enfants et ne déplaira peut-être pas à un public adulte hyper-sensibilisé sur les problèmes d'environnement et la crainte d'arriver à un point de non retour pour notre planète. En dehors de cela, l'histoire est simplissime et convenue. Si l'idée est de porter un regard sévère sur notre civilisation avec médaille d'or à l'Amérique, Pixar et les studios Disney voient la paille dans l'œil de l'autre et pas la poutre dans le leur. Compétition partout, émotivité zéro ! (les tremblements et les pleurnichages de Wall-e sont d'un niveau très robotique) Il faudra rappeler aux enfants tout de même -et espérons qu'il va sans dire- qu'un robot ne peut pas avoir de sentiments. Un jour on vous racontera peut-être comment Pixar jette ses créateurs à la rue après usage : là il y aurait de quoi faire dans le pathos...
Ah ! Pour les cinéphiles avertis : il paraît que Wall-e serait « Rencontre du 3ème type » de Truffaut, inversé. Non ? Ils auraient osé ?
Claude-e et Michèle-e David
Claude & Michèle David
Trois films français, trois comédies...
Trois films actuellement dans vos salles, trois films français, trois comédies :
«La personne aux deux personnes », «En raison d'un arrêt de travail », « Mes amis, mes amours »
La personne aux deux personnes
On a quelques craintes rien qu'au titre : « ils » auraient pu faire mieux ! Ceci dit, on est quand même attiré par l'affiche et ses stars. Bah oui, Auteuil n'a pas pu jouer dans un navet total ! Mais lui et son comparse Chabat sont des gars qui n'ont plus rien à prouver et capable d'aider un nouveau réalisateur. On verra qu'Auteuil est prêt même à aller assez loin en campant un personnage bien niais avec un look très débranché. Même dans le plus simple appareil, il trouve le moyen d'être laid et ridicule. Bravo l'artiste !
Le film a un peu de mal à démarrer, c'est vrai que le sujet demande une exposition incontournable mais nécessaire. En fin de compte, les réalisateurs (Nicolas et Bruno : ils sont eux-mêmes « la personne aux deux personnes », dirait-on ? ) Puis on est pris par la folie de l'histoire et Daniel Auteuil nous y aide bien, Alain Chabat égal à lui-même. La jolie Marina Foïs contrebalance les deux idiots précédents mais on la verra sortir de sa coquille techno-commercialo-bureaucratique, et ce sera un vrai plaisir
En raison d'un arrêt de travail...
De Frédéric Andrei, avec Charles Berling, Patrick Timsit et Dominique Blanc.
Nous restons dans le même monde d'aujourd'hui de business, de mondialisation, au bord du gouffre. Mais cette fois-ci, la révolte gronde et rien ne va plus. Avec la bande annonce, on pouvait s'attendre à l'affrontement tout le long du film de deux personnages que tout oppose. On est progressivement rassuré et même surpris de leur complexité. Si les Ch'tis ont fait œuvre éducative sur le thème : « combattons les préjugés », « En raison d'un arrêt de travail » nous explique utilement -s'il en est besoin- par la démonstration que le monde n'est pas bi-polaire, que l'humain va heureusement se nicher autant chez le cadre branché que chez le bohème, pardon, le bobo comme on dit maintenant... Les grandes illusions ont du plomb dans l'aile mais cet univers est devenu encore plus dur, sans concessions de part et d'autre. En même temps, les incertitudes gagnent et de nouvelles frontières se dessinent à moins qu'elles ne s'abolissent carrément.
Vous verrez, au gré de ce road-movie, on a finalement du mal à choisir son camp ! Et c'est tant mieux.
Sommes-nous pour autant dans le consensus mou ?
Deux personnes qui en principe n'auraient pas eu l'occasion de se croiser vont se rencontrer dans cette histoire, ça n'arrive pas souvent, c'est bien dommage...
Au contraire, le film suivant tombe dans la convention à tel point qu'on a déjà l'impression d'avoir déjà vu tout ça.
Mes amis, mes amours
D'après livre de Marc Lévy et fabriqué par soeu-sœur. Lindon joue très bien avec sa gueule d'épagneul gentil et pleurnichard, Bernadette Lafont est dans son rôle à fond (elle est bien bonne). Mais le film est conforme à l'écriture de Marc Lévy, c'est plat, téléphoné, sans fond, artificiel. Avec un petit côté sous-Auberge espagnole, mais à Londres. Instructif et documentaire la « rue des français » et quelques gouttes d'humour anglais qui nous font tirer les coins. Mais... ! L'histoire ne va nulle part, enfin jusqu'au happy end convenu malgré son improbabilité. Un bon point à Florence Foresti qu'on sent capable de jouer au second degré ce qui n'est pas vraiment dans le style de ce film, un peu roman photo de « Nous Deux » un peu « Arlequin » en cinéma... Vous aimez Marc Lévy qui vient encore de faire un best-seller ? Bah oui, vous êtes nombreux, très nombreux ! Alors, choisissez ce film, il faut peut-être passer par là... puis je vous souhaite d'avoir vite besoin d'autre chose. Mais peut-être êtes-vous très jeune ? Alors d'accord !
Claude & Michèle David
26 juin 2008 Claude et Michèle David
Cinéma : Sagan
La vie de Françoise Sagan, c'est du cinéma ! Aussi le film est intéressant à plus d'un titre. Si l'on connaît Sagan pour l'avoir lue (au moins ses premiers titres) et suivi sa vie tumultueuse, le film nous la recadre dans son époque et donc dans son environnement.
Avoir eu autant de succès et d'argent alors qu'on est une toute jeune fille, ce fut la chance et le malheur de sa vie.
Ce début a tout déterminé pour la suite. Elle a vécu comme bien d'autres « stars », en se faisant piller, en étant trompée sur l'amour, l'amitié, en croyant toujours vivre librement alors qu'elle était le jouet de son environnement.
Quelques vraies rencontres ont créé des liens sincères, en particulier celle avec jacques Chazot (Palmade, excellent, juste).
Lorsque ces vrais amis, ses vrais amours disparaissent, elle reste seule. Elle passera également à côté de l'amour de son fils.
Mais combien de stars du show-biz négligeront l'éducation de leur progéniture, et plus encore l'amour nécessaire, en pensant que l'argent suffirait ?
On ne répétera pas ce que toute la presse a dit sur le bon choix de Sylvie Testut pour le rôle. Elle s'est totalement appropriée le personnage, jusqu'à nous en agacer même...
Aucun doute, « Bonjour Tristesse » va se revendre comme des petits pains ! Mais où avons-nous fourré ce vieux livre de poche ?
Le relire aujourd'hui peut nous faire voir Sagan sous un autre jour : le temps a passé, les mœurs ont changé et le scandale n'est plus ce qu'il était !
Claude et Michèle David
7 juillet 2008
TV : feuilleton sur A2 :" Sur le fil", les vendredis soirs
Enfin un policier français qui tient la route et ses promesses ! Tout y est : bonne intrigue, personnages bien démarqués mais suffisamment complexes pour diffuser une humanité vraisemblable.
La série réussit là où « quai n°1 » ou quelques autres « PJ » avaient lancé quelques pistes inabouties. Catherine Touzet et Martin Garonne ont ficelé une trame qui se tient, des impasses, des surprises, un suspens qui maintiennent et relancent l'histoire.
L'émotion passe parce qu'on croit aux personnages. On les aime tous comme ils sont, surtout avec leurs défauts.
Des défauts mineurs à côté de leurs qualités : Munoz dont le visage anguleux et l'œil noir annoncent déjà la nervosité, le caractère emporté, trop sensible... Julien Forge et ses illusions, « baby face » naïf mais brave type... Dupré, le dragueur un peu fêlé mais capable de tout par amitié... Fossati, le vieux flic blasé, rien à perdre...
Seules les femmes semblent garder toujours leur sang-froid, qu'elles soient flics ou juges, est-ce la main d'une scénariste qui leur a épargné les errements de leurs collègues masculins ?
Toujours est-il que l'équipe est toujours effectivement « sur le fil » comme le nom bien trouvé de la série. Enfin ce qui rapproche la série française des séries américaines : un bon rythme qui n'abuse pas des plans de coupe et qui sait laisser cadrages et montage invisibles.
Pour conclure, ce qui éloigne la série française des américains et qui personnellement me réjouit : le second degré (dont l'humour) qui ne sera jamais imité par nos amis yankees, parce que c'est ainsi que nous sommes, contradictoires et un plus profonds qu'un Jack Malone qu'on aime bien mais dont on a vite fait le tour.
Cocorico.
Claude David
Le 18 avril 2008
Jai succombé aux "Ch'tis" moi aussi !
Cher lecteur de Bas de l'Aisne, j'y ai succombé! A quoi donc, me dis-tu? Et bien tout simplement à l'envie d'aller voir LE phénomène actuel du cinéma français... "Bienvenue chez les Ch'tis!" Depuis le temps qu'on nous serine les oreilles avec ce film, qu'on nous dit que depuis "La Grande Vadrouille", y'a pas eu plus drôle, je me suis dit, allons y! Me voilà donc ce samedi soir là dans une salle quasi complète du cinéma de Château-Thierry en compagnie de cinéphiles rigolards qui avaient du déjà voir le film plusieurs fois apparemment. Alors, je ne vais pas te raconter le film, ce ne serait pas "fair play" de ma part, je vais juste te dire ce que j'en ai pensé, et surtout si j'ai aimé... ou pas! je te campe quand même le décor, ou plutôt le sujet du film: Kad Merad, cadre à la Poste, est nommé chef au bureau de Poste de Bergues, petite bourgade du Nord Pas de Calais. Une catastrophe pour lui et sa famille qui ne connaissent que le sud et son soleil... Sur place, il fait connaissance avec Dany Boon, facteur à vélo, et toute son équipe de postiers joyeux lurons.... Bien vite, le désespoir de notre chef de bureau s'estompe... Il y a dans ce film, d'abord, beaucoup de tendresse, je crois, pour tout ce qui a trait au Nord, aux gens qui habitent, à ses coutumes et plus spécialement à ses carillons de beffroi, etc... il y a aussi et surtout beaucoup d'humour et c'est ce qui fait bien entendu le succès immense de ce film: Dany Boon est vraiment un très bon comédien, il y a des répliques qui fusent très juste et le duo avec Kad Merad fonctionne très bien, on sent que les deux acteurs se sont bien "bidonnés" en tournant le film. Pour ma part, le moment que j'ai préféré a sans doute été la distribution du courrier en vélo: ça va crescendo, de porte en porte et d'apéros en apéros... et la tournée s'achève de façon un peu "catastrophique"!, chut, je ne t'en dis pas plus!! J'en ai discuté avec un Marseillais de tous ces clichés qu'on les gens du Sud à propos du Nord et il n'a pas démenti la chose: lui aussi, la première fois qu'il est monté à Lille avait pris sa doudoune et ses grosses chaussettes, tout comme Kad Merad!! Le film passe comme une lettre à la Poste... c'est le cas de le dire, seulement voilà, je m'interroge tout de même: de là à faire plus de 10 millions d'entrées.... c'est vrai que c'est drôle... mais, personnellement, je préfère un humour plus, comment dire, plus corrosif, plus déjanté, un peu comme dans "Les Tontons flingueurs" ou plus près de nous "Enfermés dehors" d'Albert Dupontel, ou encore un humour type anglais comme les Monty Python savaient le faire... bon, mais ne va pas croire que je n'ai pas aimé "Bienvenue chez les Ch'tis!", au contraitre... c'est juste que je suis restée un peu sur ma faim! Françoise Delol
Mercredi 26 mars 2008
Claude David : Les ch'tis et Télérama
C'était à prévoir, Télérama n'a pas aimé "Bienvenue chez les Ch'tis" mais se méfie quand même de l'audience incroyable de 15 millions d'entrées que le film est en passe de réaliser ! Dans ces spectateurs, il doit bien y avoir des lecteurs de Télérama ? Rappelons-nous des très mauvaises critiques que l'hebdomadaire avait faites à propos du "Père Noël est une ordure" : devant le succès du film, qualifié de "film culte", quelques années plus tard par le même Télérama, les critiques se sont largement adoucies... Oui, les "Ch'tis", ce n'est pas du très grand cinéma, pas du "Art et Essai"... c'est de la comédie populaire. Et alors ? Dans cette masse, combien ont envie de se changer les idées sans se prendre la tête, parce que la vie n'est pas rose pour tout le monde ces temps-ci ? Ca se passe dans le milieu de la Poste, beuârk ! Ca se passe chez des gens simples, re-beuârk ! Oui, je vous l'accorde messieurs les censeurs bien-pensants du très chic -et en même temps très contre- Télérama, il y a des scènes un peu lourdasses, trop appuyées... un rien prévisibles... Oui mais il y a aussi la très grande générosité de Dany boon et derrière lui de tous ces habitants qu'il aime, qui sont de chez lui et qui, c'est vrai, quand on les connaît un peu, ressemblent aux personnages du film. Mais il y a aussi là une fable humaniste à propos des préjugés les plus répandus et des préjugés en général et ça fait plaisir qu'ils soient aussi intelligemment battus en brèche en 1 heure 40 de projection. Et que 15 millions de personnes aient compris cela pratiquement en même temps ! Je n'ai pas honte d'avoir souri et ri devant ce film, et j'irai voir d'autres films, très différents... de même un jour, on est bien en jean et un autre on porte une tenue habillée, on aime un jour la mer, un autre jour la montagne, on a des amis comme ci, et on a des amis comme ça. Bref ! De la diversité et arrêtez de nous dire comment il faut être, comment il faut penser. J'ai rencontré un ami ch'timi qui travaille à la poste, comme dans le film. Il a bien sûr très envie de le voir. Mais comme on n'est pas très bien payé à la Poste, il verra une copie faite sur internet... un spectateur de moins. Eh oui, parce que le cinéma, cela reste quand même un peu cher pour les gens les plus modestes.
Claude David
Le 7 mars 2008
Françoise Delol : "There will be blood" : ça c'est du cinéma !
Une invitation au cinéma, ça ne refuse pas... surtout pour aller voir du beau, du grand, du magnifique cinéma, profond et intelligent, je veux parler de "There will be blood" sorti réçemment. Ce film de Paul Thomas Anderson met en scène cet énigmatique, formidable et trop discret acteur qu'est Daniel Day Lewis dans une fresque historique relatant toute la vie d'un chercheur de pétrole devenu très riche au début du XXème siècle aux Etats-Unis.
Un personnage devenu cruel, voire inhumain au fil des années et qui voit sa fortune s'allonger au fur et à mesure que sa haine pour les hommes grandit. Tout est dans les paysages arides, au ciel tourmenté, dans les visages des paysans dont Daniel Day-Lewis rachète un à un les terres pour y forer du pétrole puis faire passer un pipeline jusqu'à la mer. Tout est dans les regards, les non-dits, les gestes de cet acteur horriblement séduisant et qui a trouvé là de quoi exprimer tout son art. Pas un temps mort dans ce film qui fait quand même près de 2 h 30, chaque mot prononcé par l'acteur principal, chaque attitude, chaque réaction est attendu avec fébrilité... Y'a pas de quoi rire, y'a pas de quoi pleurer dans ce film, mais il y a tant et tant d'émotions: une vraie leçon d'art dramatique avec en "fil rouge", l'amour intense d'un père pour son fils.
On connaissait Daniel Day-Lewis dans ce qui fut son plus grand succès au cinéma, "Le dernier des Mohicans", adaptation du cèlebre roman du même nom. Ce film date déjà de 1991, puis on l'a revu dans des films peut-être moins connus tel que "Au nom du père" ou plus réçemment dans la fresque de Scorcese "Gangs of New-York" relatant la création de ladite ville. En somme, on l'a très peu vu au cinéma et c'est très dommage... Je suis sortie de la salle "ébouriffée" ( c'est une image, rassures toi!), séduite, enchantée avec cette impression d'avoir assisté à un chef-d'oeuvre... et ce n'est pas peu dire.
Autrement dit, lecteur de Bas de l'Aisne, si le temps te le permet, si ce week-end, les élections te "barbent", après avoir voté, prends ta voiture et file tout droit à Reims, ou ailleurs peu importe, là où se joue "There will be blood"... et installe toi, laisse les autres faire et dire... et regarde: ça, c'est du cinéma!! Françoise Delol
le 26 février 2008
Françoise Delol "Paris" : L'urgence de vivre et d'aimer
Samedi dernier, plutôt que de passer la soirée en tête à tête avec mon chien ( il y a pire...), j'ai préféré me rendre au cinéma voir le dernier film de Cédric Klapisch intitulé sobrement "Paris". Et mon idée était très bonne puisque j'ai passé là une excellente soirée. Sans vouloir raconter le film( cela n'aurait aucun intérêt), j'ai retrouvé ce qui me plait tant dans le cinéma à la Klapisch ( "L'auberge espagnole", "Les poupées russes", "Peut-être" etc...) cet univers à la fois réaliste et touchant, drôle et sincère, sans jamais être cliché ni verser dans le mélo. Une fois de plus, nous revoilà en compagnie de Romain Duris devenu au fil des années acteur fétiche du cinéaste, mais aussi en présence de Fabrice Lucchini, Juliette Binoche, Albert Dupontel etc... et toute une galerie de comédiens qui tous ont leur place dans ce film construit comme un hommage à la vie de quelques Parisiens. Il y a ce danseur condamné par un coeur qui ne bat plus assez fort ( Romain Duris), cette jeune femme à l'aube de la quarantaine qui a fait une croix sur l'amour ( Juliette Binoche), ce professeur réputé de la Sorbonne qui tombe amoureux fou d'une de ses étudiantes ( Fabrice Lucchini et Mélanie Laurent), cette boulangère au coeur de pierre ( Karin Viard), ce vendeur des halles de Rungis qui éprouve une peine immense à la mort de son ex femme( Albert Dupontel) et tant d'autres... Des histoires de coeur en somme qui se mèlent et s'entremèlent.... qui nous ressemblent un peu, beaucoup, aussi... et c'est sans doute pour cela que ça marche, que l'on est séduit par ce film tout en finesse et en charme. Un film sur l'urgence de vivre et d'aimer. Personnellement, j'aimais déjà beaucoup Romain Duris, cette fois ci, je l'adore! Quel charme, quel jeu, quel acteur! J'en fais moi aussi mon acteur fétiche! Quant à Albert Dupontel, fini les rôles de déglingué, de déjanté ( "Bernie", "Enfermé dehors" etc...), le voici adouci, calmé... et c'est très bien comme cela!